« L'invité du jeudi »
Jeudi 28 mai 2026 à 18h en visioconférence Teams

Avec Yves Agid, Professeur émérite de neurologie et de biologie cellulaire
L’intelligence artificielle est capable de mémoriser d’immenses volumes de données, de résoudre des problèmes complexes, de produire des rapports et de s’adapter à des contextes variés. Autant de capacités que l’on associe habituellement à l’intelligence humaine. Mais l’IA peut-elle, comme nous, éprouver des émotions, imaginer, ou avoir conscience d’elle-même ? Pour répondre à ces questions, il est indispensable de comprendre d’abord comment fonctionne le cerveau humain. Or, les neurosciences commencent aujourd’hui à lever le voile sur ces mécanismes.
Yves Agid est Professeur émérite de neurologie et de biologie cellulaire, membre de l’académie des sciences et membre de l’ICM à l’Hôpital Pitié-Salpêtrière.
Inscription préalable obligatoire, pour obtenir le lien informatique de la visioconférence
L'invité du jeudi
Rendez-vous mensuel en visioconférence, qui a pour objet d’alimenter la curiosité scientifique et technique des participants, de s'interroger sur de grands enjeux de société et de débattre collectivement des évolutions en cours.
Animées par des experts passionnés de leur domaine d’intervention, les conférences traitent de sujets d’actualité mais en prenant le recul nécessaire. Elles sont suivies d'échanges avec un grand témoin et le public.
Un jeudi par mois, de 18h30 à 20h, en visioconférence via l'application Teams
Inscription préalable obligatoire, pour obtenir le lien informatique de la visioconférence
En partenariat avec le Cnam Bretagne
Cet événement s'inscrit dans un cycle de webinaires « Matériaux» coorganisé par la FFM et l’AFAS
Jeudi 28 mai 2026 à 13h en visioconférence Zoom.

Avec Gerard L. VIGNOLES – LCTS, unité mixte CNRS/UB/CEA/Safran, Université de Bordeaux /
Thibaut LECOMPTE et Thibaut COLINART – Institut de Recherche Dupuy de Lôme (UMR CNRS 6027) Université Bretagne sud
Modérateurs : Sylvie Lartigue, Daniel Neuville FFM, AFAS
Les composites à matrice céramique (CMC) sont des matériaux originaux qui allient la bonne résistance mécanique à chaud des matériaux céramiques à la non-fragilité des matériaux composites à fibres longues. Légers, ayant des propriétés mécaniques exceptionnelles à des températures allant jusqu’à plus de 2000°C, ils sont devenus irremplaçables dans la technologie spatiale (propulsion des lanceurs, protection de rentrée atmosphérique) et sont en train de conquérir le domaine des turbomachines pour l’aéronautique. La technologie de vol hypersonique fait également appel à cette classe de matériaux. Cette conférence a pour but de présenter les principes de conception des CMC, leurs diverses familles avec les procédés associés, et d’aborder quelques défis scientifiques liés à leur développement : procédés, caractérisation, modélisation.
Analyse environnementale et comportement hygrothermique des matériaux à base de terre et de particules biosourcées. Les matériaux à base de terre crue et de particules biosourcées, tels que la terre allégée, le torchis ou la bauge, présentent des atouts incontestables en vue de la lutte contre le changement climatique, à la fois pour l’atténuation (faible énergie grise et stockage de carbone biogénique) et pour l’adaptation (inertie thermique, hygroscopicité, perspirence). L’exposé rappellera dans un premier temps ces atouts. Dans un second temps, un focus portera sur le comportement singulier de ces matériaux vis-à-vis de l’eau, de la mise en œuvre à la vie en usage en passant par la caractérisation des propriétés hygrothermiques.
Gerard L. VIGNOLES
Gerard L. Vignoles est Professeur à l’Université de Bordeaux. Il dirige le Laboratoire des Composites ThermoStructuraux (LCTS), unité mixte CNRS/UB/CEA/Safran, et le Groupement de Recherches « Composites à Matrice Céramique : Conception, Modélisation, Caractérisation » (« (CMC)2 »). Son activité est tournée vers les CMC, en particulier la modélisation multi-échelle appliquée à ces matériaux.
Thibaut LECOMPTE et Thibaut COLINART
Thibaut Lecompte et Thibaut Colinart sont enseignants-chercheurs à l’Institut de Recherche Dupuy de Lôme (UMR CNRS 6027), spécialistes des éco-matériaux et de l’éco-construction. Thibaut Lecompte travaille (1) sur les dépendances entre les paramètres de mise en œuvre, les formulations de mélanges et la rhéologie des matériaux granulaires à l’état frais et (2) sur les performances mécaniques et environnementales, notamment via des approches d’analyse du cycle de vie dynamique. Thibaut Colinart s’intéresse, tant d’un point de vue numérique qu’expérimental, au comportement hygrothermique des matériaux et des enveloppes et à la performance énergétique des bâtiments.
ID de réunion: 874 5430 2108
Code secret: 250339
Nicolas Coltice

Retrouver les traces des grandes étapes de l’histoire de la Terre dans les caractéristiques du corps humain.
Nicolas Coltice, professeur à l’Université Côte d’Azur nous propose d’appréhender l’histoire de la Terre par le biais des propriétés de notre corps, une manière de faire le lien entre géosphère et biosphère en prenant un exemple biologique hautement intéressant, puisque c’est notre propre corps. Il ne s’agit pas du tout de tenter de comparer la Terre à un être vivant mais bien de revoir les principales étapes et les grands évènements marqueurs de l’histoire de notre planète, de sa formation à aujourd’hui, tels qu’inscrits dans le corps humain, “invention” assez récente ayant intégré des innovations de la vie apparues pour certaines lors de changements majeurs de l’environnement terrestre.
Ainsi, si nous respirons sans y penser, on revoit ici les vertus du dioxygène mais aussi ses dangers (c’est un puissant oxydant dont les cellules doivent se prémunir) et comment ce gaz est apparu dans l’évolution de la vie puis a bouleversé l’environnement terrestre et amené au développement d’une respiration aérobie énergétiquement efficace. De même, notre rapport à l’eau, composé essentiel de notre corps et milieu chimique de réactions et échanges cellulaires multiples, est l’occasion de rappeler l’origine de l’eau terrestre, les étapes de formation des océans, milieu favorable à des réactions propices à l’émergence de la vie sur Terre. Chacun des 12 chapitres de ce livre replace un ou deux aspects “humains” dans son contexte terrestre d’apparition ou de développement. Seront ainsi passés en revue le développement placentaire, le développement des cerveaux, l’évacuation de la chaleur et la fascinante endurance du corps humain, notre horloge biologique et l’importance le la Lune non pas pour nous imposer le rythme des marées mais pour stabiliser la durée du jour terrestre que notre corps peut respecter un certain temps sans stimulation externe, l’émergence de la vie sur Terre et ses implications en termes de support et de squelette, l’importance des oligo-éléments minéraux…
Un biologiste verra d’un autre œil ses connaissances sur l’anatomie et le fonctionnement du corps humain en élargissant son point de vue. Un géologue retiendra les grands évènements terrestres connus grâce à des conséquences biologiques importantes faciles à retenir puisqu’inscrites dans son corps. L’enseignant de SVT y trouvera donc de quoi créer des liens entre ses connaissances variées et de quoi, peut-être, trouver des idées pour présenter certains cours ou les relier de manière non artificielle et inattindue à des connaissances antérieures, ce qui permettra aux élèves / étudiants de créér du lien entre leurs différents apprentissages. Surtout, tout un chacun en apprendra un peu plus sur l’histoire de la Terre, sur le corps humain et les grandes propriétés biologiques, et sera alors convaincu des liens intimes entre la vie et la Terre, cette planète qui l’a vu naitre, l’héberge, est marquée en retour par son développement en même temps qu’elle lui impose des contraintes et lui offre des opportunités.
Bien écrit, sans jargon inutile, agréable à lire, ce livre est à mettre entre les mains de tous les curieux de la nature au sens large. Il est à coup sûr à recommander à tous les élèves et étudiants du collège à bac+3, voire plus, car prendre du recul et se replacer dans un contexte plus large est souvent très utile dans des parcours disciplinaires spécialisés ou cloisonnés.

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Jeanne Brugère-Picoux
Jeanne Brugère-Picoux Professeur honoraire de pathologie médicale du bétail et des animaux de basse-cour (Ecole nationale vétérinaire d’Alfort), membre de l’Académie nationale de médecine, présidente honoraire de l’Académie vétérinaire de France
Au début de la croisière destinée à observer des oiseaux, la mort d’un passager néerlandais âgé de 70 ans (le 11 avril après avoir présenté des symptômes le 4 avril), quelques jours après son embarquement le 1er avril sur le bateau MV Hondius à Ushuaia, fut considérée comme naturelle avec un choc respiratoire. Mais lors du débarquement de son corps à l’escale de St Hèlène le 22 avril, son épouse âgée de 69 ans qui l’accompagnait, malade à son arrivée, ne pourra pas continuer son voyage, débarquée juste avant le départ de l’avion Johannesbourg-Amsterdam du fait de son état de santé à l’escale de Johannesbourg (elle y décédera le 25 avril). L’hypothèse d’une « épidémie » rappelant l’épidémie de Covid-19 sur le « Diamond Princess » deviendra évidente avec l’isolement d’un hantavirus « Andes » (mortel jusqu’à 38%) chez la néerlandaise décédée et l’observation d’autres cas : (1) un troisième chez un passager du bateau justifiant son évacuation pour des soins intensifs en Afrique du Sud ; (2) un quatrième avec le décès à bord d’une passagère allemande le 2 mai ; (3) des symptômes chez deux membres de l’équipage (évacués aux Pays-Bas, confirmés plus tard positifs). La situation s’est compliquée du fait que, sur les 30 passagers débarqués à St Hélène, il y a eu par la suite deux nouveaux cas confirmés (l’un est hospitalisé en Afrique du Sud et l’autre à Zurich) démontrant l’importance de rechercher les autres « cas contacts croisiéristes » avec la difficulté de tracer leurs voyages ultérieurs, 12 pays étant concernés (vols directs ou correspondances, arrêt dans certains pays, risque de contaminations secondaires…)
Cette traçabilité d’autres contaminations à partir de ces « cas contacts croisiéristes » est remarquable. Ainsi il a fallu aussi rechercher les « cas contacts non croisiéristes » ayant pris le vol international Ste Hélène-Johannesbourg puis le vol Johannesbourg-Amsterdam où fut présent convoyé le deuxième cas décédé. Au 10 mai 2026, aucun cas secondaire n’a été identifié parmi ces derniers (dans le premier vol parti de Ste-Hèlène, seul l’un des huit « cas contacts non croisiéristes » français identifiés fut sous surveillance du fait de symptômes discrets (avant d’être finalement testé négatif le 8 mai au soir). Il en est de même pour les 14 ressortissants français identifiés parmi les autres « cas contacts » du vol Johannesbourg-Amsterdam soit au 11 mai un total de 22 ressortissants français concernés et surveillés.
Cette traçabilité et la mise en place des mesures de sécurité strictes destinées à éviter la circulation de ce virus mortel varient selon les pays, mais une épidémie à l’image de la Covid est improbable malgré la capacité de transmission interhumaine du virus comme le démontrent les foyers observés dans les pays d’Amérique du Sud habituellement infectés (Chili, Argentine…). De plus le réservoir animal sud-américain de ce virus, le rat pygmée à longue queue (Oligoryzomys longicaudatus) n’existe pas en Europe. L’homme se contamine surtout par inhalation d’aérosols contenant urine, salive ou fèces de rongeurs infectés.
La personne infectée sera super-excrétrice du virus jusqu’à 3 jours avant de présenter un syndrome pseudo-grippal parfois discret qui peut s’aggraver rapidement lorsque la personne n’est pas hospitalisée d’urgence dans un hôpital. Cette aggravation correspond à une endothélite (virale et inflammatoire) associée à une augmentation brutale de la perméabilité capillaire (syndrome cardio-pulmonaire) avec un taux de létalité important (en moyenne 40%). La progression rapide de l’œdème pulmonaire associé à un syndrome de détresse respiratoire aiguë, une hypotension, un choc cardiogénique (avec des conséquences hépatiques, rénales et spléniques) nécessite une intervention rapide notamment la mise en place d’une technique de circulation extracorporelle qui détourne la circulation sanguine assurant à la fois le rôle de pompe cardiaque et d'oxygénateur pulmonaire (ECMO ou Extra Corporeal Membrane Oxygénation).
Situation au 12 mai 2026
A la date du 10 mai 2026 le virus isolé apparait identique à celui qui sévit en Amérique du Sud ou le couple décédé a circulé avant leur embarquement mais des travaux sont en cours pour vérifier si il a subi une mutation ayant pu le rendre plus pathogène. Le délai de 4 jours entre l’embarquement et le début des symptômes chez le patient zéro témoigne d’une contamination antérieure à l’embarquement du 1er avril (et non liée à la présence de rongeurs sur le bateau). Face à ces cas liés au virus Andes sur un bateau de croisière, il est difficile de répondre à de nombreuses questions qui peuvent encore se poser, notamment sur la possibilité de cas asymptomatiques ou en cours d’incubation plus ou moins excréteurs du fait du caractère exceptionnel de cette situation. Si le risque serait modéré selon l’OMS quant à une contamination comme la Covid 19, il faut rappeler que, parmi les hantavirus, seul le virus des Andes se distingue par la possibilité d’une transmission interhumaine lors de contacts. Le confinement dans un milieu très clos (le bateau) peut expliquer la contamination qui a été possible avec cet hantavirus particulier à partir d’un patient zéro. Mais la particularité de connaître ce patient zéro dans le contexte d’une croisière et de pouvoir tracer les cas contacts primaires dans le bateau et secondaires pendant des voyages est une aide précieuse pour juguler par des mesures sanitaires d’autres contaminations et surtout de prendre en charge rapidement toute personne avertie d’une possible contamination dès les premiers symptômes.
Le10 mai le débarquement des passagers du MV Hondius a permis leur évacuation vers leurs pays respectifs. Parmi les cinq ressortissants français (dont deux vétérinaires) sous surveillance sanitaire pendant 72 heures à Paris à l’hôpital Bichat, une femme a présenté une hyperthermie pendant son transport et ce matin du 11 mai, l’infection par le virus des Andes a été confirmé alors que son état s’est dégradé nécessitant une réanimation (son état s’est stabilisé). Pour les quatre autres cas contacts français une quarantaine stricte de 15 jours est maintenant prévue en milieu hospitalier avec des contrôles réguliers pour surveiller une éventuelle phase prodromique de l’infection depuis les décrets. À l’issue d'une réunion interministérielle à Matignon le 11 mai, le Premier ministre Sébastien Lecornu a renforcé aussi les mesures concernant les cas contacts non croisiéristes » en annonçant dans la soirée « pour tous les cas contacts, sans exception », une « quarantaine renforcée en milieu hospitalier », dans un message posté.
Combien de « cas contacts infectés » par ce virus Andes au 12 mai ? Sur les 17 passagers américains retourné au Nébraska, l’un s’est révélé positif et un autre serait suspect d’être infecté. Sur les 14 ressortissants espagnols débarqués hospitalisés l’un s’est révélé positif sans symptômes et un autre test doit confirmer cette suspicion. Il y aurait donc 10 cas confirmés d’hantaviroses dont 3 décès et un cas suspect au 12 mai 2026 et on ne peut pas exclure la possibilité d’autres cas dans les semaines à venir, justifiant la mise en place actuelle des mesures de précaution.
La seule étude très documentée sur le virus des Andes a concerné un foyer en Argentine avec quatre vagues successives de contaminations entre novembre 2018 et février 2019 conduisant à 34 cas et 11 décès (Martinez et al, 2020)*. La première transmission eut lieu lors d’un repas d’anniversaire avec un patient index contaminant ses 5 voisins dont l’un (patient 2) décédera après avoir infecté 6 personnes dont son épouse. Lors de sa veillée funèbre cette dernière, présentant déjà des symptômes, transmettra le virus à 10 personnes supplémentaires dont l’une contaminera 3 personnes.
Cette étude a permis d’estimer des temps d’incubation variant de 14 à 40 jours avec un taux de mortalité pouvant atteindre 38%, de souligner le risque de transmission secondaire pour les cas contacts (dont la possibilité d’une transmission nosocomiale) mais aussi d’un risque accru avec certains malades « super propagateurs » du fait d’une charge virale importante, un taux de reproduction de la maladie de 2,12 (représentant le nombre de cas secondaires contaminés par un malade diminuant à 0,96 lors de mesures sanitaires). La découverte de deux cas supplémentaires d’infection le 11 mai l’un en France (symptomatique), l’autre en Amérique (asymptomatique) témoigne de la vigilance nécessaire sur les cas contacts primaires (les croisiéristes) et secondaires (« cas contacts non croisiéristes » dont 22 ressortissants français actuellement répertoriés).
Un foyer humain lié à une hantavirose dans un cadre touristique est exceptionnel. On peut rappeler celui de l’été 2012 où un autre hantavirus connu en Amérique du Nord, le Sin Nombre virus fut à l’origine d’une série de pneumonies graves dans le parc national de Yosemite en Californie (10 cas confirmés avec 3 décès). A la différence du virus Andes (localisé en Amérique du Sud et seul hantavirus se distinguant par une transmission interhumaine), la contamination avait pour origine des souris se nichant dans l’isolant des parois d’un hébergement de camping. Ces cas cliniques furent très médiatisés pour alerter les touristes ayant pu être contaminés lors d’un hébergement dans le camping.
Quel risque en France avec les hantavirus ?
Contrairement au continent américain ou les hantavirus sont responsables d’un syndrome cardio-pulmonaire, les hantavirus rencontrés en Europe et en Asie sont à l’origine de fièvres hémorragiques à syndrome rénal (FHSR) avec un taux de létalité moindre (0,4%). (En Guyane des cas mortels ont été observés avec l’hantavirus Maripa transmis par des rongeurs sauvages).
Les quatre espèces d’hantavirus zoonotiques circulant sur le continent européen sont les virus Puumala (PUUV), Séoul (SEOV), Dobrava-Belgrade (DOBV) et Tula (TUV). Les plus importants en France sont PUUV et SEOV.
Les cas humains de FHSR dus à PUUV sont principalement détectés dans le quart Nord-Est du territoire où l’on peut observer des épidémies localisées. La contamination humaine est principalement associée à la présence de rongeurs sauvages qui vivent dans les habitations (granges, greniers, remises, cabanes abandonnées, etc.). L’Homme se contamine par contact avec les fèces, l’urine ou la salive du rat, généralement sous forme d’aérosols lors d’interventions dans les greniers ou les granges ou, plus rarement, par morsure. Entre 2012 et 2023, l’Institut Pasteur a recensé 1299 cas confirmés d’hantavirose (FHSR) liés au virus PUUV surtout dans le Nord-Est.
Les cas humains d’infection par le virus SEOV sont sporadiques et peut-être sous-estimés. Les enquêtes réalisées entre 2010 et 2012 dans le Rhône par Florence Ayral à l’école nationale vétérinaire de Lyon ont montré que 14% des rats étaient infectés ; (Bull Acad. Vét. De France, 2023). Mais le rat sauvage peut aussi contaminer d’autres rats (animaux de compagnie, de laboratoire, élevages pour nourrir des reptiles et vendus congelés...).
Ce n’est que depuis un peu plus de dix ans que l’on a découvert que les rats de compagnie pouvaient être aussi infectés par ce virus au Royaume-Uni, en France, aux États-Unis, aux Pays-Bas et en Allemagne. Ce risque de transmission du SEOV par le rat de compagnie pourrait être supérieur à celui provoqué par les rongeurs sauvages du fait des contacts étroits entre le rat et son propriétaire, souvent un enfant. Ces cas liés aux rats de compagnie témoignent de l’importance en santé publique de cette hantavirose liée à un animal de compagnie non traditionnel (ACNT).
*Martinez et al, N Eng J Med, 2020, 383 ;2230-2241.
Gérard Guerrier

Ce livre relate l'histoire de Frederick Cook, médecin de formation, aventurier et explorateur par vocation, qui a terminé sa carrière dans la prison de Leavenworth pour escroquerie et
est mort dans la misère.
Ce livre relate l'histoire de Frederick Cook, médecin de formation, aventurier et explorateur par vocation, qui a terminé sa carrière dans la prison de Leavenworth pour escroquerie et
est mort dans la misère.
Ce personnage de Frederick Cook est particulièrement intéressant de par sa soif d'aventures au Groenland, en Alaska et surtout au pôle Nord. La compétition qu'il mena toute sa vie durant avec Robert Perry pour la conquête du pôle Nord l'a amené à mettre en jeu sa vie personnelle ,
familiale , professionnelle jusqu'à la faillite .
La revendication de la conquête du pôle Nord par F. Cook contestée en particulier par R. Perry, est présentée en détail de façon passionnante , sans que l'on puisse trancher finalement sur la véracité des récits de l'un ou l'autre.
Cette biographie se lit comme un roman, le lecteur se trouve embarqué avec F. Cook dans ses différentes explorations, vivant les nombreuses péripéties, ressentant les conditions météorologiques extrêmes et la précarité de ces aventures .
Serge Chambaud
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Conférence Un livre, une rencontre, dans le cadre des « jeudi du Cnam »
Jeudi 21 mai 2026 à 18h30 au Cnam (Paris)

L’énigme de la vie dans le cosmos de Thérèse Encrenaz, Directrice de recherche émérite au CNRS et à l’Observatoire de Paris et Athéna Coustenis, Directrice de recherche au CNRS et à l’Observatoire de Paris
La question d’une possible vie extraterrestre a toujours fasciné l’humanité. Au-delà des fantasmes et de la fiction, des scientifiques explorent aujourd’hui, avec une rigueur passionnée, les indices susceptibles de révéler des formes de vie, actives ou disparues. Ce livre invite les lecteurs à un grand voyage à la recherche de mondes potentiellement habitables, dans le Système solaire et au-delà.
Thérèse Encrenaz est astrophysicienne, spécialiste de l’étude du Système solaire et plus spécialement des atmosphères planétaires. Elle a écrit de nombreux livres de vulgarisation.
Athéna Coustenis est astrophysicienne, spécialiste de l’exploration des lunes glacées des planètes géantes, ainsi que de l’étude des exoplanètes depuis leur découverte.
Les jeudi du Cnam
Partenaires de longue date pour la diffusion des savoirs, le Cnam et l'AFAS proposent en 2026 une série de rencontres autour d'un ouvrage et son auteur/autrice. Objectif : rendre l'actualité des sciences accessible à toutes et tous.
À l’issue de chaque conférence, le public sera invité à dialoguer avec les intervenants et à poser ses questions.
Le jeudi, de 18h30 à 20h, au Cnam
Entrée gratuite sur inscription et/ou dans la limite des places disponibles.

Les intervenants :
Intervenants :
Elsa Huby, astronome au Laboratoire d’Instrumentation et de Recherche en Astrophysique (LIRA) de
l’Observatoire de Paris
Oussama Rchaki, ingénieur en traitement d’images et IA chez Satlantis France
Modérateur :
Jordan Slimani, chargé des collections de la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale
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Cette conférence a pour but de présenter les avancées récentes en imagerie scientifique et spatiale à travers deux domaines complémentaires : la polarimétrie et l’astrophotonique, illustrant les liens entre recherche scientifique, instrumentation et applications industrielles.
La première partie de la conférence sera présentée par Elsa Huby, astronome au Laboratoire d’Instrumentation et de Recherche en Astrophysique (LIRA) de l’Observatoire de Paris et introduira l’astrophotonique, discipline à l’interface de l’astronomie, de l’optique et de la photonique. Elle montrera comment les technologies photoniques intégrées repoussent les limites de l’imagerie astronomique à très haute résolution, depuis les grands télescopes jusqu’aux dispositifs miniaturisés sur puces.
Dans une seconde partie, Oussama Rchaki, ingénieur en traitement du signal, imagerie et intelligence artificielle, évoquera la polarimétrie appliquée à l’imagerie satellitaire. Il y abordera les principes de la lumière polarisée, les méthodes de mesure et de reconstruction d’images, ainsi que les notions de multi‑spectral et d’hyperspectral. Les applications industrielles, les missions spatiales, les enjeux de souveraineté et le projet FusePola (France 2030) illustreront le rôle central de l’IA dans la fusion de données à haute résolution.
Cycle de conférences
Pour le Développement des Sciences et de l'Innovation (PDSI) au service des transitions
Rencontres d’information scientifique et technologique, à visée pédagogique et didactique, autour d’un scientifique et d’un acteur socio-économique, qui présentent une thématique à travers leurs connaissances et leurs expériences, contribuant à décrypter et présenter des solutions répondant aux enjeux de transition économique, sociétale, technologique, numérique et/ou environnementale.
Partenariat : AFAS – Société d'encouragement pour l'industrie nationale – Société des ingénieurs et scientifiques de France (Ile-de-France)
Avec le soutien d'EcoLearn, MR21, e5t, BNI Saint-Germain-des-Prés, Pariscience, Cnes, CNRS, ABG
Conférence-débat
Mardi 19 mai 2026 à 14h30 à l'Institut Curie, Paris


Avec
avec Hervé Platel, Professeur de neuropsychologie et Directeur de l'U1077 INSERM, Université de Caen-Normandie.
Modératrice : Anita Bento, Chargée de veille scientifique honoraire au Ministère de la Défense.
Hervé Platel utilise la musique et les techniques de neuroimagerie pour étudier les fonctions cognitives et mettre en évidence les substrats neuronaux de la perception.
Cette méthode originale d’investigation offre de nouvelles possibilités cliniques tant pour le diagnostic que pour la prise en charge des patients présentant différentes pathologies du cerveau.
Conférence-débat à l'Institut Curie (amphithéâtre Hélène Martel-Massignac)
11-13 rue Pierre et Marie Curie, 75005 Paris
Entrée gratuite, sur inscription préalable obligatoire (via le formulaire de contact ou à afas@afas.fr).
Organisée par Chercheurs Toujours - Association française des chercheurs seniors, en partenariat avec l'AFAS
Thérése Encrenaz et Athéna Coustenis - (Eyrolles, 29,90€)
Dans le cadre de la conférence au CNAM le 21 mai : ici
Ne dites plus E.T., pensez Z.H. Une vie extraterrestre ? Imaginez plutôt ce qu’est une “Zone Habitable” ! Vous aurez ainsi saisi la tendance et le vocabulaire scientifiques d’aujourd’hui, comme évoqués dans “L’énigme de la vie dans le cosmos” qu’ont fait paraître Thérèse Encrenaz et Athena Coustenis.
Soyons honnête, on ne va pas ici vous divulgâcher (“spoiler”) la lecture de cet ouvrage de premier plan, élaboré par deux éminentes astrophysiciennes françaises, l’une spécialiste des atmosphères planétaires, l’autre de l’exploration du système solaire (1). Non, on ne vous révélera pas leur avis donné au chapitre 12 (le dernier), à la page 214, sur les 240 que compte le livre… Mais on signalera pour les dépités trépignant à la question “ une vie extraterrestre est-elle possible ? ”, que les deux auteures ont un propos amène : “On trouve dans la littérature d’aujourd’hui des avis curieusement tranchés sur la question”, écrivent-elles. Autrement dit, il y a ceux qui croient à la vie ailleurs et ceux qui n’y croient pas.
Attachez vos ceintures. Si on en restait là, avec ce seul constat, on ne rendrait pas grâce à la qualité supérieure de cet ouvrage. Les attentifs auront sûrement remarqué qu’il possède un sous-titre majeur : « À la recherche d’autres mondes habitables ». Et ce que proposent en effet ces 240 pages n’est rien de moins qu’un grand voyage dans le temps et l’espace. Encrenaz et Coustenis elles-mêmes l’ont voulu, qui lancent page 31 à celles et ceux qui les auront suivies : “Attachez vos ceintures”. Car nous sommes toutes et tous invités à un dépaysement extrême. À (re)visiter autrement le système solaire, découvrir s’il s’y cache des sites habitables, recélant des trésors d’eau liquide (c’est mieux pour voir émerger la vie). Nos pilotes astrophysiciennes vont alors s’envoler vers les lunes de Jupiter, Europe, Callisto, Ganymède ; ou encore vers le monde de Saturne, Titan et Encelade.
Plus de 7500 exoplanètes. Si ça ne suffisait pas, cap hors de chez nous ! Car la recherche est désormais majeure pour découvrir si la vie a pu émerger autour de lointaines étoiles, sur les exoplanètes – 7500 confirmées à l’automne 2025. Grâce aux télescopes les plus puissants, type James Webb (Nasa), et avec la compréhension fine de quelles molécules rechercher, l’espoir est là de détecter des “biosignatures”. L’ouvrage détaille les difficultés de ces détections, les images souhaitées qui ne deviendront possibles que dans le futur… L’enthousiasme et l’allant dont les deux spécialistes font preuve dans leur écriture est à la hauteur. L’édition aussi, qui scinde les entrées illustrées des 12 chapitres en propos personnalisés et directs et explications scientifiques posément formulées. Exemple des premiers : “Sans doute vous posez-vous – comme nous tous – la question : existe-t-il dans l’Univers des formes de vie intelligente ? Et si la réponse est oui, serons-nous un jour en mesure de communiquer avec des civilisations extraterrestres ?” Et pour les seconds, ces phrases sur la définition de la vie (dont on ne saurait minimiser la difficulté à la formuler !) : “Un ensemble de matière organique [...], qui se combine avec l’eau liquide et, grâce à des sources d’énergie, conduit à l’émergence d’organismes vivants”. Aimez-vous les CHNOPS ? Ces composants chimiques (carbone, hydrogène, azote, oxygène, phosphore, soufre) qui forment la matière organique, sont ainsi à retrouver dans le chapitre 2 sur l’apparition de la vie, où il est question aussi bien de chimie prébiotique que de code génétique, de chimie atmosphérique que de serpentinisation (2)... On se plaît à penser que des professeurs de lycée, et pourquoi pas certains professeurs des écoles, s’emparent de ces textes pour faire rêver et impliquer leurs élèves !
Zone habitable galactique ? D’autant qu’à travers l’ensemble de l’ouvrage, on peut découvrir d’autres pépites : une centaine d’infographies de tailles variables (moins d’un quart de page comme double page), dont certaines sont très étonnantes : ainsi, cette figure pages 48-49 de “la zone d’habitabilité (ZH) d’un système planétaire (barre grisée) exprimée en unité astronomique, en fonction de la masse d’une étoile quelconque (exprimée par rapport à la masse solaire)”. Ou encore ce “schéma de la zone habitable galactique (en vert), placée à une distance moyenne de 25000 années-lumière du centre galactique”. La zone habitable galactique ? En aviez-vous jamais entendu parler ? De fait, cette ZHG a “suscité un certain scepticisme” et la notion “reste très spéculative”, précisent Encrenaz et Coustenis.
Leur ouvrage ne cache rien des multiples interrogations des scientifiques, c’est d’ailleurs ainsi qu’avance la science. De pensées audacieuses – Epicure, au IVe-IIIe siècle avant notre ère, écrit qu’il y a un « nombre infini de mondes semblables au nôtre et un nombre infini de mondes différents », Giordano Bruno qui “suggère que les étoiles sont des soleils, sans doute entourées de planètes peut-être habitées”, idées hérétiques qui le conduiront au bûcher - jusqu’aux preuves apportées par l’observation et les expériences – la fameuse découverte de Michel Mayor et Didier Queloz, en 1995 - de la première exoplanète orbitant autour d’une étoile, nommée 51 Peg, similaire à notre Soleil. Cela leur a valu le Nobel.
Colonisation spatiale. L’ouvrage consacré à la recherche de la vie en dehors de notre planète ne pouvait pas ne pas poser LA question “à rebours” : celle de la “colonisation spatiale” par les humains. De la découverte de nouveaux mondes, pas seulement par une exploration robotique. Un long encadré “L’homme sur Mars, est-ce possible, est-ce souhaitable ?” du chapitre 10 “Voyager toujours plus loin”, est à lire, qui renvoie vers des ouvrages détaillant les difficultés techniques de pareille épopée, promue ces derniers temps par Elon Musk (3). Les auteures, en début de chapitre, ne dorent certainement pas la pilule au lecteur.. Ce rêve millénaire de colonisation spatiale a des motivations prosaïques : “Le prestige d’une nation, sa puissance économique et politique”. Et de constater qu’alors, “les aspects scientifiques sont loin d’être prioritaires, et la communauté scientifique est divisée sur la colonisation spatiale”. Une chose est sûre : ces deux scientifiques, avec cet ouvrage si riche, permettent à un grand public d’accéder à la compréhension d’une multitude de recherches de pointe, portées par cette question de la vie extraterrestre qui hante l’humanité depuis l’Antiquité.
Dominique Leglu
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1.“Nous ne vivrons pas sur Mars, ni ailleurs”, par Sylvia Ekström et Javier G. Nombela, préface de Michel Mayor https://www.editionsfavre.com/livres/nous-ne-vivrons-pas-sur-mars-ni-ailleurs/
2.La serpentinite est une roche dont l’altération hydrothermale conduit à des conditions propices à l’émergence de la vie.
3.Thérèse Encrenaz a dirigé le département de recherche spatiale de l’Observatoire de Paris-PSL. Athena Coustenis est directrice de recherche CNRS à l’Observatoire de Paris-PSL. Elle dirige ou a dirigé plusieurs comités à l’ESA (agence spatiale européenne) et au CNES (centre national d’études spatiales)
Abdel Aouacheria

L'auteur Abdel Aouacheria consacre les 400 pages de cet ouvrage à nous expliquer que : " la mort jusque dans la cellule ne nous parle que de vie", comme le dit, si justement, Edgar Morin dans sa préface !
Le livre commence par un récit historique de la prise en compte du concept scientifique de mort cellulaire ou apoptose (terme introduit en 1972 par Kerr, Wyllie et Currie) , histoire qui commence en 1842 avec le biologiste allemand Carl Vogt et qui connaît de nombreux développement durant le 19ième et vingtième siècle , aujourd'hui de nombreux travaux de recherche de par le monde sont consacré à l'apoptose, débouchant sur de nombreuses découvertes telles que le traitement du cancer, le soin de maladies neurodégénératives, la conception de nouveaux antibiotiques etc...
Ce livre est un plaidoyer argumenté pour la thèse "métabiologique" qui considère la mort comme un phénomène "vitafère" ( servant la vie) par lequel la vie se renouvelle : l'apoptose est un allié de la vie lui permettant d'éliminer les cellules dangereuses ou inutiles, créer les conditions du renouvellement de certains tissus ou à modeler les organes.
Tout au long de cet ouvrage, l'auteur éclaire la présentation scientifique de l'articulation vie-mort par des considérations sociales , culturelles et philosophiques qui donnent à réfléchir sur cette problématique fondamentale .
La lecture de ce livre implique une vraie concentration pour tous ceux qui n'ont pas de connaissances approfondies en biologie cellulaire , mais même si certains développements scientifiques seront , peut-être , survolés , la thématique mérite largement de consacrer le temps nécessaire à la lecture de cet ouvrage .
Serge Chambaud
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