Gérard Mourou
(TANA éditions, 2026, 18.90€)

Lorsqu’un homme de science prend la plume pour raconter son parcours, il contribue à démystifier la science et à la rapprocher du grand public. A fortiori lorsqu’il s’agit d’un prix Nobel, à qui l’on doit les opérations de la cataracte ! C’est le cas de cette autobiographie de Gérard Mourou, prix Nobel de physique 2018, qui vient ‘être publiée.
Enfant, le petit Gérard baigne dans le monde de l’électricité. Son grand - père et son oncle travaillent dans la distribution électrique. Son père, ingénieur à EDF, l’emmène sur ses chantiers et lui transmet la passion des sciences. Il a 16 ans quand le laser est inventé. Puis se développe le laser pulsé qui émet des impulsions lumineuses ultra courtes de dizaines de picosecondes1. On peut ainsi observer des mouvements ultra rapides, tel celui des molécules. Pour sonder plus avant la matière, on cherche à produire des impulsions toujours plus courtes et plus puissantes. Un défi technique que Mourou relève. Ce sera le fil conducteur de son parcours scientifique.
Après un doctorat à Paris, des séjours à Québec, San Diego, et Saclay, il répond aux sirènes américaines et le voici en 1978 à Rochester, dans l’état de New York. L’intensité des lasers pulsés plafonne depuis 15 ans. Toutes les tentatives pour amplifier la puissance des impulsions conduisent à des échecs car les matériaux ne résistent pas. Mourou casse beaucoup de matériel durant ces années 80 ! Comment contourner l’obstacle ?
C’est sur un télésiège qu’il eut son idée de génie! Il l’explique en deux phrases : on prend une impulsion extra-courte, on l’étire dans le temps en la décomposant en ses différentes fréquences. L’ensemble perd de sa puissance et peut être amplifié sans casse, puis le tout est recomprimé pour donner une impulsion de très haute puissance. Cette recette très simplifiée suppose une série de prouesses technologiques dans la manipulation des impulsions. Un an plus tard, en 1986, Mourou réalise un laser de table d’1 térawatt1. Une avancée prodigieuse car, à cette époque, un laser de cette puissance était une machine monstrueuse qui occupait un bâtiment entier ! Le NY Times s’enthousiasme pour cette nouvelle technique baptisée CPA. Mais Mourou pense déjà à la phase suivante : gagner encore un facteur de 1000, atteindre le pétawatt1 et la femtoseconde1. Le Directeur de Rochester n’est pas convaincu. Qu’à cela ne tienne, Mourou déménage à Ann Arbor, où l’Université du Michigan l’accueille dans un laboratoire tout neuf. Lui et son équipe de 15 personnes ! Une première aux Etats-Unis où la recherche est surtout individuelle.
La technique CPA conquiert le monde. Grâce à elle, le japonais Toshiki Tajima réalise un accélérateur de particules par laser. Mourou invente le paratonnerre à laser. Les sociétés créées pour vendre les produits CPA sont florissantes. Mais la plus belle surprise vient d’un accident.
En 1993, un étudiant de l’équipe Mourou, ayant commis une imprudence, est atteint à l’œil en travaillant sur un laser femtoseconde¹. L’interne de l’hôpital observe un impact sur la rétine, minuscule, très net, et très différent des cratères aux contours flous causés par les lasers picoseconde. L’impulsion femtoseconde est si courte qu’elle semble ne pas avoir d’effet thermique sur les tissus environnants. Une opportunité pour la chirurgie oculaire ? La Direction de l’Université en fait le pari. L’étudiant et l’interne se lancent dans une série d’essais (sur des yeux de porc !). C’est un succès total. Ils fondent une société en 1997, et le premier laser spécialisé en chirurgie de l’œil est commercialisé en 2001. Sans fausse modestie, Gérard Mourou se dit fier d’être à l’origine d’une technique qui permet de corriger les troubles de vision, dont la cataracte, de 4 millions de personnes par an. Cette invention, comme souvent, est le fruit d’une série de hasards : la présence d’esprit du jeune interne, l’expertise du patient en lasers pulsés, et la décision rapide de l’université. L’occasion pour Mourou de vanter la formidable réactivité de la recherche américaine.
En 2004, il revient pourtant en France, après 30 ans de vie américaine. Il construit le laser Apollon, à la puissance record de 10 pétawatt1, bientôt supplanté par les trois lasers du projet européen ELI qu’il a lancé.
Il cherche à accroitre le rythme des impulsions, encore insuffisant pour concrétiser son projet de recherche favori : le traitement des déchets radioactifs. En les bombardant de neutrons produits par un laser, on les transmute en isotopes instables qui disparaitront en quelques mois.
En 2024, âgé de 80 ans, il va diriger un centre de recherche flambant neuf en Chine, où le japonais Tajima le rejoint. Ses projets concernent les déchets radioactifs, la fission nucléaire au thorium, le nettoyage des débris spatiaux, la protonthérapie, la cardiologie (l’objectif est d’éviter les opérations à cœur ouvert). Et puis ce visionnaire infatigable rêve de passer de l’attoseconde à la zeptoseconde1, de simuler des trous noirs, de créer de la matière à partir de la lumière (« le claquage du vide » !).
Le récit de l’auteur est jalonné d’intermèdes pédagogiques sur la nature de la lumière 2, sur les lasers, sur les liens entre peinture et lumière. Gérard Mourou n’est pas avare d’anecdotes personnelles. On le découvre amateur de peinture, d’opéra, de littérature, d’idéogrammes japonais, de natation : à 80 ans, il a traversé le lac d’Annecy à la nage !
Son évocation du « moment Nobel » est émouvante. Il exprime son bonheur de partager le prix avec son étudiante, la canadienne Donna Strickland. Un fait rare sinon unique.
Gérard Mourou conclut son livre sur une pensée lumineuse : « C’est la recherche que l’on ne fait pas qui coûte cher ».
Pierre Potier
1. Glossaire des unités, utile pour suivre l’évolution des lasers pulsés.
Chaque unité se déduit de la précédente par un facteur de 1000.
Exemple : Avec une énergie d’un joule, une impulsion d’une femtoseconde a une puissance d’un pétawatt
| Temps | Valeur en secondes | Puissance pour une énergie d’1 joule | Valeur en watt |
| Seconde | 1 | Watt | 1 |
| Milliseconde | 10-3 | Kilowatt | 103 |
| Microseconde | 10-6 | Mégawatt | 106 |
| Nanoseconde | 10-9 | Gigawatt | 109 |
| Picoseconde | 10-12 | Térawatt | 1012 |
| Femtoseconde | 10-15 | Pétawatt | 1015 |
| Attoseconde | 10-18 | Exawatt | 1018 |
| Zeptoseconde | 10-21 |
2. Dans l’intermède sur la nature de la lumière, on qualifie Isaac Newton d’ « astronome américain ». (p.43). La maison d’édition a été informée et présente ses excuses pour cette erreur d’un correcteur.
Jeudi 19 mars 2026 à 18h à l'Hôtel de l'industrie à Paris et sur YouTube

Avec les interventions de :
- Paul Avan, Directeur du CeRIAH, centre de recherche et d'innovation en audiologie humaine, Institut reConnect, Institut Pasteur, Paris.
- Romain Moura, responsable de la branche audition de Electronique du Mazet
Modérateur :
- Patrice Debré, Professeur émérite d'immunologie à Sorbonne Université, membre titulaire de l'Académie nationale de médecine, ancien président de l'AFAS
Les surdités neurosensorielles frappent de manière handicapante la vie et la communication de 460 millions d'individus. C'est un enjeu humain, médical et économique mondial. En l'absence de méthode pour restaurer les cellules sensorielles auditives lésées, les victimes doivent se contenter de solutions palliatives, des audioprothèses amplificatrices qui ne corrigent que certains aspects de la surdité, et seulement dans certaines situations.
Initiés il y a trente ans, les progrès de la physiologie moléculaire auditive aboutissent aujourd'hui à une compréhension étendue des fonctions des centaines de gènes qui contrôlent l'audition. Il s'agit de remédier à la déconcertante diversité des dégâts que peuvent causer les grands pourvoyeurs de surdités, génétiques et environnementaux (notamment les sons intenses). Les mécanismes des lésions induites peuvent être directs, mécaniques ou chimiques, mais aussi indirects lorsque les défenses de l'organisme conduisent à des réponses inadaptées. Chacun des mécanismes peut désormais être la cible d'une thérapie personnalisée, notamment génique ou pharmacologique, avec des essais cliniques en cours. Thérapies et prévention exigeront in fine un diagnostic de précision dont la mise en place va nécessiter un bouleversement des parcours de soin.
Paul Avan, ancien élève de l’École Normale Supérieure, médecin diplômé et biophysicien dans le domaine de l’acoustique physiologique. Il est aujourd'hui directeur du CeRIAH, centre de recherche et d'innovation en audiologie humaine, Institut reConnect, Institut Pasteur, Paris.
Romain Moura, développeur en informatique, responsable de la branche audition d'Echodia, une société spécialisée dans l’exploration fonctionnelle dans le domaine de l’oto-rhino-laryngologie et des neurosciences.
Patrice Debré, professeur émérite d'immunologie à Sorbonne Université et membre titulaire de l'Académie Nationale de Médecine. Il a dirigé le service d'immunologie à l'Hôpital Pitié-Salpêtrière et a occupé diverses responsabilités administratives et internationales. Il est ancien président de l'AFAS.
Cycle de conférences
Pour le Développement des Sciences et de l'Innovation (PDSI) au service des transitions
Rencontres d’information scientifique et technologique, à visée pédagogique et didactique, autour d’un scientifique et d’un acteur socio-économique, qui présentent une thématique à travers leurs connaissances et leurs expériences, contribuant à décrypter et présenter des solutions répondant aux enjeux de transition économique, sociétale, technologique, numérique et/ou environnementale.
Partenariat : AFAS – Société d'encouragement pour l'industrie nationale – Société des ingénieurs et scientifiques de France (Ile-de-France)
Avec le soutien d'EcoLearn, MR21, e5t, BNI Saint-Germain-des-Prés, Pariscience, Cnes, CNRS, ABG
Conférence Un livre, une rencontre, dans le cadre des « jeudi du Cnam »
Jeudi 26 mars 2026 à 18h30 au Cnam (Paris)

Nature et Préjugés. Convier l'humanité dans l'histoire naturelle de Marc-André Selosse
Les êtres humains ont longtemps survécu sur Terre en bricolant avec les connaissances du moment. Monocultures, pesticides, combustibles fossiles... Nous comprenons aujourd'hui que nous devons faire autrement. L'idée de ce livre est simple : la notice pour mieux habiter notre monde se trouve sous nos yeux. Il suffit d'observer le vivant.
Marc-André Selosse est professeur au Muséum National d'Histoire Naturelle et à l’Université de Gdansk (Pologne), membre de l’Académie d’Agriculture de France et de l’Institut Universitaire de France. Il est biologiste de formation, spécialisé en botanique et mycologie. Il a travaillé sur la symbiose, en particulier dans les domaines de l’évolution et de l’écologie.
Entrée gratuite sur inscription et/ou dans la limite des places disponibles.

Les jeudi du Cnam
Partenaires de longue date pour la diffusion des savoirs, le Cnam et l'AFAS proposent en 2026 une série de rencontres autour d'un ouvrage et son auteur/autrice. Objectif : rendre l'actualité des sciences accessible à toutes et tous.
À l’issue de chaque conférence, le public sera invité à dialoguer avec les intervenants et à poser ses questions.
Le jeudi, de 18h30 à 20h, au Cnam
Entrée gratuite sur inscription et/ou dans la limite des places disponibles.
Cet événement s'inscrit dans un cycle de webinaires « Matériaux ».
Jeudi 26 mars 2026 à 13h en visioconférence Zoom.

Avec Frédric Sanchette (UTT Troyes), Émilie Huby et Jean-Michel Mechling (IJL- UL)
Ce webinaire aborde un enjeu scientifique et sociétal crucial : la maîtrise de la durabilité des matériaux dans des environnements extrêmes ou complexes. À travers deux exemples emblématiques, les alliages métalliques à haute entropie (HEA) et les matériaux de construction, nous explorerons les défis technologiques et les innovations qui façonnent les solutions de demain.
Frédric Sanchette a passé 10 ans au CEA et il est aujourd’hui Professeur des Universités à l'Université de Technologie de Troyes. Il a créé une antenne délocalisée à Nogent (52800) qu'il a dirigée jusqu'en 2022. Ses recherches portent sur les technologies CVD thermique, CVD assistée par plasma et PVD. Il travaille notamment sur les films barrières pour environnements extrêmes et sur le développement de solutions pour les composants destinés au secteur de l'énergie.
Revêtements multiconstitués dits à haute entropie pour la résistance à l'oxydation
Les couches minces d'alliages réfractaires à haute entropie, contenant cinq éléments, suscitent un intérêt croissant en raison de leurs propriétés mécaniques et d’une stabilité thermique à haute température qui les rendent compatibles avec les environnements sévères, notamment dans les domaines de l’énergie. Un exemple de développement de ces matériaux sera décrit.
Émilie Huby et Jean-Michel Mechling sont enseignants-chercheurs dans l'équipe Matériaux pour le Génie Civil à l'Institut Jean Lamour (Nancy) UMR 7198 CNRS - Université de Lorraine. Jean-Michel s'intéresse aux mortiers anciens depuis une vingtaine d'années sous leurs aspects technologiques / historique et génie civil (formulation - reconstitution des mélanges). Émilie étudie l'altération de matériaux du patrimoine bâti sous variations thermo-hydrique, notamment le comportement au feu.
Notre-Dame de Paris : des mortiers historiques aux matériaux de la reconstruction des voûtes
Suite à l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris en 2019, diverses études scientifiques ont été menées. Différents types de mortiers ont été mis en évidence et ont été analysés sous divers aspects physico-chimiques ce qui a permis d'établir la formulation du mortier historique des voûtes effondrées. Parallèlement à la reconstruction du bâti, la durabilité au feu des voûtes a été investiguée. Le comportement thermo-hydro-chemo-mécanique des matériaux constitutifs a été étudié en condition incendie et a permis de développer une solution de protection passive dont l'efficacité a été testée lors d'un essai à la pleine échelle
Modérateurs : Sylvie Lartigue et Daniel Neuville, FFM
Jeudi 19 mars 2026 à 18h à l'Hôtel de l'industrie à Paris et sur YouTube

Avec les interventions de :
- Paul Avan, Directeur du CeRIAH, centre de recherche et d'innovation en audiologie humaine, Institut reConnect, Institut Pasteur, Paris.
- Romain Moura, responsable de la branche audition de Electronique du Mazet
Modérateur :
- Patrice Debré, Professeur émérite d'immunologie à Sorbonne Université, membre titulaire de l'Académie nationale de médecine, ancien président de l'AFAS
Les surdités neurosensorielles frappent de manière handicapante la vie et la communication de 460 millions d'individus. C'est un enjeu humain, médical et économique mondial. En l'absence de méthode pour restaurer les cellules sensorielles auditives lésées, les victimes doivent se contenter de solutions palliatives, des audioprothèses amplificatrices qui ne corrigent que certains aspects de la surdité, et seulement dans certaines situations.
Initiés il y a trente ans, les progrès de la physiologie moléculaire auditive aboutissent aujourd'hui à une compréhension étendue des fonctions des centaines de gènes qui contrôlent l'audition. Il s'agit de remédier à la déconcertante diversité des dégâts que peuvent causer les grands pourvoyeurs de surdités, génétiques et environnementaux (notamment les sons intenses). Les mécanismes des lésions induites peuvent être directs, mécaniques ou chimiques, mais aussi indirects lorsque les défenses de l'organisme conduisent à des réponses inadaptées. Chacun des mécanismes peut désormais être la cible d'une thérapie personnalisée, notamment génique ou pharmacologique, avec des essais cliniques en cours. Thérapies et prévention exigeront in fine un diagnostic de précision dont la mise en place va nécessiter un bouleversement des parcours de soin.
Paul Avan, ancien élève de l’École Normale Supérieure, médecin diplômé et biophysicien dans le domaine de l’acoustique physiologique. Il est aujourd'hui directeur du CeRIAH, centre de recherche et d'innovation en audiologie humaine, Institut reConnect, Institut Pasteur, Paris.
Romain Moura, développeur en informatique, responsable de la branche audition d'Echodia, une société spécialisée dans l’exploration fonctionnelle dans le domaine de l’oto-rhino-laryngologie et des neurosciences.
Patrice Debré, professeur émérite d'immunologie à Sorbonne Université et membre titulaire de l'Académie Nationale de Médecine. Il a dirigé le service d'immunologie à l'Hôpital Pitié-Salpêtrière et a occupé diverses responsabilités administratives et internationales. Il est ancien président de l'AFAS.
Cycle de conférences
Pour le Développement des Sciences et de l'Innovation (PDSI) au service des transitions
Rencontres d’information scientifique et technologique, à visée pédagogique et didactique, autour d’un scientifique et d’un acteur socio-économique, qui présentent une thématique à travers leurs connaissances et leurs expériences, contribuant à décrypter et présenter des solutions répondant aux enjeux de transition économique, sociétale, technologique, numérique et/ou environnementale.
Partenariat : AFAS – Société d'encouragement pour l'industrie nationale – Société des ingénieurs et scientifiques de France (Ile-de-France)
Avec le soutien d'EcoLearn, MR21, e5t, BNI Saint-Germain-des-Prés, Pariscience, Cnes, CNRS, ABG
« L'invité du jeudi »
Jeudi 12 mars 2026 à 18h30 en visioconférence Teams

Avec François Houllier, Président-directeur général de l’Ifremer, membre de l’Académie des technologies
En 2016, un rapport remis aux ministres en charge de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche dressait un état des lieux des sciences participatives en France, tous domaines confondus, en soulignant notamment leur place au sein de la communauté éducative.
Dix ans plus tard, ces démarches se sont largement développées, portées par des dispositifs dédiés et un engagement croissant des organismes de recherche.
Lors de cette conférence, François Houllier proposera un point d’étape sur l’évolution des sciences participatives depuis 2016, illustré par des exemples issus des recherches océaniques et des grands secteurs de l’ingénierie océanique.
François Houllier est président-directeur général de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) et membre de l’Académie des technologies.
Inscription préalable obligatoire, pour obtenir le lien informatique de la visioconférence
L'invité du jeudi
Rendez-vous mensuel en visioconférence, qui a pour objet d’alimenter la curiosité scientifique et technique des participants, de s'interroger sur de grands enjeux de société et de débattre collectivement des évolutions en cours.
Animées par des experts passionnés de leur domaine d’intervention, les conférences traitent de sujets d’actualité mais en prenant le recul nécessaire. Elles sont suivies d'échanges avec un grand témoin et le public.
Un jeudi par mois, de 18h30 à 20h, en visioconférence via l'application Teams
Inscription préalable obligatoire, pour obtenir le lien informatique de la visioconférence
En partenariat avec le Cnam Bretagne
Conférence-débat
Jeudi 12 mars 2026 à 14h30 à l'Institut Curie, Paris
Replay de la conférence : ici

Avec
Charbel Maroun, chargé de Recherche honoraire à l'Inserm
et Thomas Heams, maître de conférences à AgroParis Tech
Un débat à l’échelle internationale a été lancé fin 2024 sur les dangers de manipuler de nouvelles molécules synthétiques et de créer des bactéries miroir. L’ensemble des molécules du vivant ont une conformation spatiale telle qu’elles ne se superposent pas à leur image dans un miroir, tout comme nos deux mains. C'est ce que l’on dénomme chiralité. Changer la chiralité des molécules dans ces bactéries miroir entraînerait, parmi d'autres, un risque de prolifération incontrôlée.
Charbel Maroun et Thomas Heams ont accepté de venir nous éclairer sur cette question d'une actualité brûlante.
Conférence-débat à l'Institut Curie (amphithéâtre Hélène Martel-Massignac)
11-13 rue Pierre et Marie Curie, 75005 Paris
Entrée gratuite, sur inscription préalable obligatoire (via le formulaire de contact ou à afas@afas.fr).
Organisée par Chercheurs Toujours - Association française des chercheurs seniors, en partenariat avec l'AFAS
Vinciane Despret et Pierre Kroll
(Éditions Les Arènes, 2024, 26€)

Comme le suggère son titre, c’est de manière un peu déjantée que ce livre aborde le sujet de l’évolution des espèces. Chaque chapitre s’ouvre sur une petite bande dessinée, mettant en scène Dieu, Darwin et des animaux, et réalisée avec humour par le caricaturiste belge Pierre Kroll. La substance du livre reste dans le texte écrit par Vinciane Despret, philosophe et éthologue à l’Université de Liège.
Le ton est donné dès l’introduction. Les dessins racontent une vaste manifestation d’animaux en colère contre leur créateur. Ils l’accusent d’incompétence, demandent justice pour les espèces disparues, se plaignent de vices de fabrication : le mille-pattes « ne demandait pas autant de pattes » ! Selon le Talmud, c’est après 26 échecs successifs que Dieu a finalement créé le monde, en déclarant : « Pourvu que celui-ci tienne ! » Chaque nouvelle tentative se faisait à partir des débris de la précédente. Un mécanisme analogue à celui de la théorie moderne de l’évolution des espèces de Darwin, où la nature ne cesse de se réinventer. Les seize chapitres de ce livre sont seize coups de projecteurs sur ce « bricolage incessant ». Quelques morceaux choisis :
En 2010, on découvre en Chine des fossiles de petits dinosaures, vieux de 150 millions d’années, révélant qu’ils étaient couverts de plumes très colorées. L’apparition des plumes se justifie par leur effet thermorégulateur bénéfique à l’animal. Mais pourquoi cette excentrique coloration ? Selon Darwin, la réponse ne vient pas de la sélection naturelle, dont il est pourtant le père, mais du choix esthétique des femelles, qui préfèrent les plus beaux mâles. Un argument de « sélection sexuelle » peu apprécié dans l’Angleterre victorienne. D’autres théories ont été proposées et sont abordées dans le livre, mais Vinciane Desprets opte pour la position de Darwin : « Les animaux ne font pas que de l’utile et l’adaptation n’est pas tout. Il y a bien plus de fantaisie et de créativité que ce que les biologistes du tout adapté n’imaginent » croit-elle. Quant à nos dinosaures emplumés, leurs pattes avant vont se transformer en ailes ; ils vont apprendre à voler et échapperont ainsi à l’extinction de leurs cousins. Ils sont les ancêtres des oiseaux.
Les colibris mâles ont (eux aussi) un plumage coloré. Les femelles portent une robe plus terne, sauf certaines qui ont adopté le plumage des mâles. Pourquoi ce déguisement ? Pas pour séduire les mâles qui visiblement préfèrent les femelles dans leur robe naturelle. L’énigme a été résolue récemment. Autour des points de nourriture, il y a de la concurrence. Dans la cohue générale, les femelles se font agresser, et sont reléguées au deuxième plan. Sauf les femelles travesties : leur apparence suffit à imposer le respect. L’invention du déguisement permet d’avoir la paix ! Le retard de cette découverte (2021) provoque l’ire de Vinciane Despret, fustigeant « l’ indécrottable habitude [des scientifiques] de n’accorder leur attention qu’aux mâles ».
Lorsque des lionnes s’approchent d’une gazelle de Thomson, celle-ci a parfois un comportement étonnant ; au lieu de déguerpir, elle fait face, et se lance dans des sauts répétés de deux mètres de haut, « le corps arqué et les jambes raides ». Explication unanime,: cette gazelle risque sa vie pour alerter ses congénères. L’affaire semble entendue, lorsqu’un zoologue israélien observe que ladite gazelle n’est, en fait, jamais attaquée par les lionnes ! Celles-ci préfèrent s’attaquer à des gazelles moins démonstratives, à priori moins sportives et plus faciles à capturer. La parade osée de la gazelle sauteuse s’avère payante.
Toxoplasma gondii est un parasite, dont le destin est terrible : il ne peut se reproduire que dans l’intestin de chats ou autres félidés ! Comment y arriver ? En se servant d’une proie du chat comme cheval de Troie ! En 2011, on découvre que des rats porteurs de Toxoplasma, et seulement ceux-ci, sont excités en présence d’urine de chat, et recherchent leur prédateur au lieu de le fuir. Dans une stratégie machiavélique stupéfiante, le parasite a modifié le cerveau du rat pour accomplir son destin ! De nombreuses observations montrent que le cerveau des mammifères peut être affecté par des bactéries. Il est possible de rendre sociale une souris asociale en modifiant son peuplement bactérien ! L’auteure rappelle que l’être humain héberge 160 espèces de bactéries formant des écosystèmes complexes dans les organes, la peau, la bouche, l’appareil respiratoire, l’intestin.
Le livre renferme bien d’autres petits bijoux comme l’extinction de l’élan d’Irlande avec sa ramure de 3 mètres, le paon qui fut le cauchemar de Darwin parce qu’inexplicable, le wombat et ses crottes cubiques, l’inclassable ornithorynque, le bernard-l’ermite sans carapace (« vous n’oubliez pas quelque chose ? », se plaint-il dans un dessin), la moule d’eau douce aveugle et ses leurres, l’évolution de l’œil, la théorie du handicap.
Lorsque l’on referme ce livre, on reste émerveillé devant l’extraordinaire et foisonnante inventivité de la nature. La lecture est plaisante. Le texte est abordable alors que les concepts décrits sont parfois complexes. La distinction est assez bien faite entre les faits observés et les multiples théories. Les dessins apportent une touche détendue et ludique à l’ensemble.
Un livre à mettre dans toutes les mains !
Pierre Potier
« L'invité du jeudi »
Cellules solaires moléculaires : défis fondamentaux et nouvelles frontières d’intégration
Jeudi 19 février 2026 à 18h30 en visioconférence Teams

Avec Frédéric Sauvage, directeur de recherche CNRS à l'Université de Picardie-Jules-Verne à Amiens
Les technologies photovoltaïques (PV) classiques ciblent le visible et absorbent la lumière solaire de manière non sélective. L’absorption sélective, rendue possible par des absorbeurs moléculaires, ouvre la voie à de nouvelles technologies PV et à de nouvelles opportunités d’intégration dans notre environnement. Un premier exemple d’innovation issu de ces recherches est la conversion sélective du proche infrarouge (NIR), qui représente environ 47 % du flux solaire. Cette approche permet de développer une technologie PV disruptive, totalement transparente et incolore, sans altérer la vision humaine — une propriété accessible uniquement grâce à des approches moléculaires.
L’ingénierie moléculaire menée dans mon équipe permet également de convertir d’autres sources lumineuses que le soleil. Par exemple, nous avons développé des cellules PV moléculaires capables d’absorber et convertir sélectivement la lumière artificielle, notamment celle des LED ou des lampes CFL, avec un rendement de conversion dépassant un tiers du flux lumineux en conditions indoor. Ces cellules photovoltaïques « indoor » ultra-performantes, optimisées pour les spectres d’éclairage artificiel, permettront demain de remplacer les piles dans les objets d’électronique grand public, et d’apporter l’autonomie énergétique à de nombreux objets connectés.
Frédéric Sauvage est un directeur de recherche au CNRS affecté au Laboratoire de Réactivité et Chimie des Solides à l’Université de Picardie-Jules-Verne (UPJV) d'Amiens. Originaire des Hauts-de-France, il a complété son doctorat à l'UPJV avant de travailler à Chicago et Lausanne, pour finalement revenir en France en 2010 afin de privilégier des recherches à fort impact sociétal.
Expert en photoélectrochimie, il est l'auteur d'une centaine d'articles, de quinze brevets et a contribué à la création de deux entreprises. En 2024, il a reçu la prestigieuse bourse ERC Advanced de 2,5 millions d'euros pour son projet Gemini. Ses recherches actuelles se concentrent sur les pérovskites halogénées, des matériaux innovants capables de produire une électricité solaire beaucoup moins chère que le silicium traditionnel. L'objectif de son équipe est de stabiliser ces composants en analysant leur réaction à la lumière à l'échelle de la picoseconde. Pour visualiser la rapidité de ses recherches, travailler sur une picoseconde revient à essayer de photographier un battement de paupière qui durerait un millième de milliardième de seconde.
Inscription préalable obligatoire, pour obtenir le lien informatique de la visioconférence
L'invité du jeudi
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En partenariat avec le Cnam Bretagne
Jeudi 19 février 2026 à 18h à l'Hôtel de l'industrie à Paris et sur YouTube

Avec les interventions de :
- François Atteia, Directeur technique de 3L-Optronics
- Jean-Baptiste Moullec, ingénieur des études et techniques de l'armement (IETA)
Modérateur : Jean-Gabriel Ganascia, vice-président de l'Afas
Pour voir la nuit, les systèmes techniques pallient aujourd'hui de façon spectaculaire nos trop faibles capacités humaines. C'est ce que présentera cette conférence intitulée "Vision nocturne : son rôle clé dans la Défense".
La recherche en optique, doublée d'électronique et de traitement d'image, a fait naître l'optronique qui permet en particulier la vision nocturne.
Les avancées techniques d’aujourd’hui sont fondamentales pour les militaires. Elles ont un caractère stratégique dans l'évolution que connaissent actuellement les techniques de défense. Le premier intervenant Jean-Baptiste Moullec (DGA) présentera le panorama des technologies de vision nocturne : augmentation de sensibilité des caméras visibles, vision infra-rouge refroidie ou non refroidie, éclairage par LIDAR… ce qui permet la détection, l’identification et la navigation. Il aura aussi l’occasion d’aborder les liens avec les industriels et les acteurs économiques français qui innovent dans ce domaine.
Ce sont parfois des découvertes étonnantes, comme celle réalisée à l'Institut des Matériaux Microélectronique Nanosciences de Provence, qui permet à une surface de silicium de devenir hyperabsorbante et antiréfléchissante, et de donner, par exemple, une caméra 2 fois plus performante pour la vision de nuit que les caméras à détecteur silicium classique, comme l'expliquera le second intervenant François Atteia, scientifique et co-fondateur de 3L-Optronics. Il pourra apporter un commentaire sur l'importance de ce domaine de l'optronique pour les industriels français.
M. François Atteia, directeur technique (CTO) de 3L-Optronics, responsable des technologies opto-électroniques et de la R&D ("innovation black silicon"), cofondateur de cette société avec les deux professeurs - chercheurs à l'université d'Aix-Marseille (amU) Ludovic Escoubas (CEO) et Jean-Jacques Simon (conseiller scientifique). Thèse (2017-2020) à l'amU en collaboration avec Thalès et a été stagiaire au MIT
M. Jean-Baptiste Moullec, ingénieur des études et techniques de l'armement (IETA), spécialiste d'optronique à la DGA - IP (direction générale de l'armement - ingénierie de projets).
Cycle de conférences
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Rencontres d’information scientifique et technologique, à visée pédagogique et didactique, autour d’un scientifique et d’un acteur socio-économique, qui présentent une thématique à travers leurs connaissances et leurs expériences, contribuant à décrypter et présenter des solutions répondant aux enjeux de transition économique, sociétale, technologique, numérique et/ou environnementale.
Partenariat : AFAS – Société d'encouragement pour l'industrie nationale – Société des ingénieurs et scientifiques de France (Ile-de-France)
Avec le soutien d'EcoLearn, MR21, e5t, BNI Saint-Germain-des-Prés, Pariscience, Cnes, CNRS, ABG









