Vinciane Despret et Pierre Kroll
(Éditions Les Arènes, 2024, 26€)

Comme le suggère son titre, c’est de manière un peu déjantée que ce livre aborde le sujet de l’évolution des espèces. Chaque chapitre s’ouvre sur une petite bande dessinée, mettant en scène Dieu, Darwin et des animaux, et réalisée avec humour par le caricaturiste belge Pierre Kroll. La substance du livre reste dans le texte écrit par Vinciane Despret, philosophe et éthologue à l’Université de Liège.
Le ton est donné dès l’introduction. Les dessins racontent une vaste manifestation d’animaux en colère contre leur créateur. Ils l’accusent d’incompétence, demandent justice pour les espèces disparues, se plaignent de vices de fabrication : le mille-pattes « ne demandait pas autant de pattes » ! Selon le Talmud, c’est après 26 échecs successifs que Dieu a finalement créé le monde, en déclarant : « Pourvu que celui-ci tienne ! » Chaque nouvelle tentative se faisait à partir des débris de la précédente. Un mécanisme analogue à celui de la théorie moderne de l’évolution des espèces de Darwin, où la nature ne cesse de se réinventer. Les seize chapitres de ce livre sont seize coups de projecteurs sur ce « bricolage incessant ». Quelques morceaux choisis :
En 2010, on découvre en Chine des fossiles de petits dinosaures, vieux de 150 millions d’années, révélant qu’ils étaient couverts de plumes très colorées. L’apparition des plumes se justifie par leur effet thermorégulateur bénéfique à l’animal. Mais pourquoi cette excentrique coloration ? Selon Darwin, la réponse ne vient pas de la sélection naturelle, dont il est pourtant le père, mais du choix esthétique des femelles, qui préfèrent les plus beaux mâles. Un argument de « sélection sexuelle » peu apprécié dans l’Angleterre victorienne. D’autres théories ont été proposées et sont abordées dans le livre, mais Vinciane Desprets opte pour la position de Darwin : « Les animaux ne font pas que de l’utile et l’adaptation n’est pas tout. Il y a bien plus de fantaisie et de créativité que ce que les biologistes du tout adapté n’imaginent » croit-elle. Quant à nos dinosaures emplumés, leurs pattes avant vont se transformer en ailes ; ils vont apprendre à voler et échapperont ainsi à l’extinction de leurs cousins. Ils sont les ancêtres des oiseaux.
Les colibris mâles ont (eux aussi) un plumage coloré. Les femelles portent une robe plus terne, sauf certaines qui ont adopté le plumage des mâles. Pourquoi ce déguisement ? Pas pour séduire les mâles qui visiblement préfèrent les femelles dans leur robe naturelle. L’énigme a été résolue récemment. Autour des points de nourriture, il y a de la concurrence. Dans la cohue générale, les femelles se font agresser, et sont reléguées au deuxième plan. Sauf les femelles travesties : leur apparence suffit à imposer le respect. L’invention du déguisement permet d’avoir la paix ! Le retard de cette découverte (2021) provoque l’ire de Vinciane Despret, fustigeant « l’ indécrottable habitude [des scientifiques] de n’accorder leur attention qu’aux mâles ».
Lorsque des lionnes s’approchent d’une gazelle de Thomson, celle-ci a parfois un comportement étonnant ; au lieu de déguerpir, elle fait face, et se lance dans des sauts répétés de deux mètres de haut, « le corps arqué et les jambes raides ». Explication unanime,: cette gazelle risque sa vie pour alerter ses congénères. L’affaire semble entendue, lorsqu’un zoologue israélien observe que ladite gazelle n’est, en fait, jamais attaquée par les lionnes ! Celles-ci préfèrent s’attaquer à des gazelles moins démonstratives, à priori moins sportives et plus faciles à capturer. La parade osée de la gazelle sauteuse s’avère payante.
Toxoplasma gondii est un parasite, dont le destin est terrible : il ne peut se reproduire que dans l’intestin de chats ou autres félidés ! Comment y arriver ? En se servant d’une proie du chat comme cheval de Troie ! En 2011, on découvre que des rats porteurs de Toxoplasma, et seulement ceux-ci, sont excités en présence d’urine de chat, et recherchent leur prédateur au lieu de le fuir. Dans une stratégie machiavélique stupéfiante, le parasite a modifié le cerveau du rat pour accomplir son destin ! De nombreuses observations montrent que le cerveau des mammifères peut être affecté par des bactéries. Il est possible de rendre sociale une souris asociale en modifiant son peuplement bactérien ! L’auteure rappelle que l’être humain héberge 160 espèces de bactéries formant des écosystèmes complexes dans les organes, la peau, la bouche, l’appareil respiratoire, l’intestin.
Le livre renferme bien d’autres petits bijoux comme l’extinction de l’élan d’Irlande avec sa ramure de 3 mètres, le paon qui fut le cauchemar de Darwin parce qu’inexplicable, le wombat et ses crottes cubiques, l’inclassable ornithorynque, le bernard-l’ermite sans carapace (« vous n’oubliez pas quelque chose ? », se plaint-il dans un dessin), la moule d’eau douce aveugle et ses leurres, l’évolution de l’œil, la théorie du handicap.
Lorsque l’on referme ce livre, on reste émerveillé devant l’extraordinaire et foisonnante inventivité de la nature. La lecture est plaisante. Le texte est abordable alors que les concepts décrits sont parfois complexes. La distinction est assez bien faite entre les faits observés et les multiples théories. Les dessins apportent une touche détendue et ludique à l’ensemble.
Un livre à mettre dans toutes les mains !
Pierre Potier
« L'invité du jeudi »
Cellules solaires moléculaires : défis fondamentaux et nouvelles frontières d’intégration
Jeudi 19 février 2026 à 18h30 en visioconférence Teams

Avec Frédéric Sauvage, directeur de recherche CNRS à l'Université de Picardie-Jules-Verne à Amiens
Les technologies photovoltaïques (PV) classiques ciblent le visible et absorbent la lumière solaire de manière non sélective. L’absorption sélective, rendue possible par des absorbeurs moléculaires, ouvre la voie à de nouvelles technologies PV et à de nouvelles opportunités d’intégration dans notre environnement. Un premier exemple d’innovation issu de ces recherches est la conversion sélective du proche infrarouge (NIR), qui représente environ 47 % du flux solaire. Cette approche permet de développer une technologie PV disruptive, totalement transparente et incolore, sans altérer la vision humaine — une propriété accessible uniquement grâce à des approches moléculaires.
L’ingénierie moléculaire menée dans mon équipe permet également de convertir d’autres sources lumineuses que le soleil. Par exemple, nous avons développé des cellules PV moléculaires capables d’absorber et convertir sélectivement la lumière artificielle, notamment celle des LED ou des lampes CFL, avec un rendement de conversion dépassant un tiers du flux lumineux en conditions indoor. Ces cellules photovoltaïques « indoor » ultra-performantes, optimisées pour les spectres d’éclairage artificiel, permettront demain de remplacer les piles dans les objets d’électronique grand public, et d’apporter l’autonomie énergétique à de nombreux objets connectés.
Frédéric Sauvage est un directeur de recherche au CNRS affecté au Laboratoire de Réactivité et Chimie des Solides à l’Université de Picardie-Jules-Verne (UPJV) d'Amiens. Originaire des Hauts-de-France, il a complété son doctorat à l'UPJV avant de travailler à Chicago et Lausanne, pour finalement revenir en France en 2010 afin de privilégier des recherches à fort impact sociétal.
Expert en photoélectrochimie, il est l'auteur d'une centaine d'articles, de quinze brevets et a contribué à la création de deux entreprises. En 2024, il a reçu la prestigieuse bourse ERC Advanced de 2,5 millions d'euros pour son projet Gemini. Ses recherches actuelles se concentrent sur les pérovskites halogénées, des matériaux innovants capables de produire une électricité solaire beaucoup moins chère que le silicium traditionnel. L'objectif de son équipe est de stabiliser ces composants en analysant leur réaction à la lumière à l'échelle de la picoseconde. Pour visualiser la rapidité de ses recherches, travailler sur une picoseconde revient à essayer de photographier un battement de paupière qui durerait un millième de milliardième de seconde.
Inscription préalable obligatoire, pour obtenir le lien informatique de la visioconférence
L'invité du jeudi
Rendez-vous mensuel en visioconférence, qui a pour objet d’alimenter la curiosité scientifique et technique des participants, de s'interroger sur de grands enjeux de société et de débattre collectivement des évolutions en cours.
Animées par des experts passionnés de leur domaine d’intervention, les conférences traitent de sujets d’actualité mais en prenant le recul nécessaire. Elles sont suivies d'échanges avec un grand témoin et le public.
Un jeudi par mois, de 18h30 à 20h, en visioconférence via l'application Teams
Inscription préalable obligatoire, pour obtenir le lien informatique de la visioconférence
En partenariat avec le Cnam Bretagne
Jeudi 19 février 2026 à 18h à l'Hôtel de l'industrie à Paris et sur YouTube

Avec les interventions de :
- François Atteia, Directeur technique de 3L-Optronics
- Jean-Baptiste Moullec, ingénieur des études et techniques de l'armement (IETA)
Modérateur : Jean-Gabriel Ganascia, vice-président de l'Afas
Pour voir la nuit, les systèmes techniques pallient aujourd'hui de façon spectaculaire nos trop faibles capacités humaines. C'est ce que présentera cette conférence intitulée "Vision nocturne : son rôle clé dans la Défense".
La recherche en optique, doublée d'électronique et de traitement d'image, a fait naître l'optronique qui permet en particulier la vision nocturne.
Les avancées techniques d’aujourd’hui sont fondamentales pour les militaires. Elles ont un caractère stratégique dans l'évolution que connaissent actuellement les techniques de défense. Le premier intervenant Jean-Baptiste Moullec (DGA) présentera le panorama des technologies de vision nocturne : augmentation de sensibilité des caméras visibles, vision infra-rouge refroidie ou non refroidie, éclairage par LIDAR… ce qui permet la détection, l’identification et la navigation. Il aura aussi l’occasion d’aborder les liens avec les industriels et les acteurs économiques français qui innovent dans ce domaine.
Ce sont parfois des découvertes étonnantes, comme celle réalisée à l'Institut des Matériaux Microélectronique Nanosciences de Provence, qui permet à une surface de silicium de devenir hyperabsorbante et antiréfléchissante, et de donner, par exemple, une caméra 2 fois plus performante pour la vision de nuit que les caméras à détecteur silicium classique, comme l'expliquera le second intervenant François Atteia, scientifique et co-fondateur de 3L-Optronics. Il pourra apporter un commentaire sur l'importance de ce domaine de l'optronique pour les industriels français.
M. François Atteia, directeur technique (CTO) de 3L-Optronics, responsable des technologies opto-électroniques et de la R&D ("innovation black silicon"), cofondateur de cette société avec les deux professeurs - chercheurs à l'université d'Aix-Marseille (amU) Ludovic Escoubas (CEO) et Jean-Jacques Simon (conseiller scientifique). Thèse (2017-2020) à l'amU en collaboration avec Thalès et a été stagiaire au MIT
M. Jean-Baptiste Moullec, ingénieur des études et techniques de l'armement (IETA), spécialiste d'optronique à la DGA - IP (direction générale de l'armement - ingénierie de projets).
Cycle de conférences
Pour le Développement des Sciences et de l'Innovation (PDSI) au service des transitions
Rencontres d’information scientifique et technologique, à visée pédagogique et didactique, autour d’un scientifique et d’un acteur socio-économique, qui présentent une thématique à travers leurs connaissances et leurs expériences, contribuant à décrypter et présenter des solutions répondant aux enjeux de transition économique, sociétale, technologique, numérique et/ou environnementale.
Partenariat : AFAS – Société d'encouragement pour l'industrie nationale – Société des ingénieurs et scientifiques de France (Ile-de-France)
Avec le soutien d'EcoLearn, MR21, e5t, BNI Saint-Germain-des-Prés, Pariscience, Cnes, CNRS, ABG
Conférence Un livre, une rencontre, dans le cadre des « jeudi du Cnam »
Jeudi 12 février 2026 à 18h30 au Cnam (Paris)

L’océan en 30 questions avec Marina Lévy
Ce livre de poche pédagogique fait le tour des questions que l’on se pose sur l’océan, l’état des lieux des connaissances sur les fonds marins, les courants et les marées, sa nécessaire préservation… Comment l’océan est-il affecté par les activités humaines ? Quelles solutions pouvons-nous développer pour le protéger tout en utilisant les ressources ? L’océan incarne-t-il l’avenir énergétique ? Comment anticiper l’élévation du niveau de la mer ?
Marina Lévy est polytechnicienne et océanographe. Elle explore la beauté et les défis de l’océan, et défend une science inspirante, engagée et féminine.
Entrée gratuite sur inscription et/ou dans la limite des places disponibles.
Les jeudi du Cnam
Partenaires de longue date pour la diffusion des savoirs, le Cnam et l'AFAS proposent en 2026 une série de rencontres autour d'un ouvrage et son auteur/autrice. Objectif : rendre l'actualité des sciences accessible à toutes et tous.
À l’issue de chaque conférence, le public sera invité à dialoguer avec les intervenants et à poser ses questions.
Le jeudi, de 18h30 à 20h, au Cnam
Entrée gratuite sur inscription et/ou dans la limite des places disponibles.
Cet événement s'inscrit dans un cycle de webinaires « Matériaux ».
Jeudi 29 janvier 2026 à 13h en visioconférence Zoom.

Aurélie CAYLA (ENSAIT, GEMTEX) Professeure en chimie des matériaux depuis 2020, sa carrière est consacrée à l’élaboration, à la formulation et à la compréhension de la mise en forme des polymères sous forme filamentaire, ainsi qu’à leurs caractérisations associées. Ses recherches récentes portent sur l’élaboration de filaments à partir de ressources biosourcés et/ou biodégradables dans des procédés de plasturgie des thermoplastiques (extrusion/filage), mais également des procédés en voie solvant de polymères naturels (voie humide). Ses activités s’intègrent dans divers domaines d’applications qui entrainent une variabilité de propriétés à développer à l’échelle du filament (antibactérien, ignifuge, conducteur d’électricité…).
Extrusion-filage au service des matériaux polymères fonctionnels
Cette conférence débutera par la présentation des spécificités de la mise en œuvre filamentaire par voie fondue de polymères synthétiques thermoplastiques. La fonctionnalité des textiles étant nécessaire dans de nombreux secteurs d’activités, elle s’attardera sur 2 domaines d’applications majeures : le secteur du médical et le domaine de l’énergie. Elle évoquera des résultats permettant de relever les verrous scientifiques et technologiques de cette mise en forme via différentes stratégies de formulations (nanocomposites, mélanges de polymères immiscibles…).
Claude ESTOURNES (CNRS, CIRIMAT) Directeur de Recherche (DRCE) au CNRS au sein du laboratoire CIRIMAT à Toulouse, France. Ses principales activités de recherche portent sur la synthèse, la préparation et la densification de matériaux (à échelles nano et micro, composites, systèmes multicouches, céramiques, polymères, verres, etc.) par les technologies de « Spark Plasma Sintering » (SPS), de « Cold Sintering Process » (CSP) et de fabrication additive (FA). Ses travaux concernent également le développement d’architectures innovantes, spécifiques et multifonctionnelles (matériaux à gradient de composition – FGM, structures composites micro- et mésoporeuses, structures sandwiches, etc.) afin d’adapter les propriétés des matériaux, ainsi que l’étude des mécanismes de densification et la modélisation par éléments finis – électro-thermo-mécanique et microstructurale (ETMM) – des procédés SPS et CSP.
Mise en forme des matériaux par frittage assisté sous champ électrique
Le procédé de frittage assisté sous champ électrique (ou « Spark Plasma Sintering », SPS) permet la densification d’une large variété de matériaux — y compris les métaux, alliages, céramiques, polymères et composites — à des températures plus basses que celles requises par les méthodes conventionnelles. Cette technique de frittage avancée permet la production de matériaux à haute densité, avec un contrôle précis de la microstructure, des temps de traitement très courts et une consommation d’énergie réduite. Malgré une croissance significative au cours des trois dernières décennies en termes de publications et de brevets, l’industrialisation du SPS en est encore à ses débuts. Cela s’explique principalement par le fait que seules des géométries simples ont été densifiées jusqu’à présent, et que la technologie est souvent perçue comme manquant de reproductibilité et de productivité. Dans cette présentation, nous montrerons comment relever les principaux défis associés à cette technologie — à savoir la reproductibilité et le traitement de plusieurs échantillons simultanément — afin de réduire les taux de rebut et d’accroître la productivité. Nous examinerons également comment la combinaison du SPS avec les procédés de fabrication additive permet le développement de pièces complexes en 3D. Cette intégration favorise la production de composants proches de la forme finale (near-net-shape), minimise les étapes d’usinage et réduit le gaspillage de matière. Enfin, nous mettrons en évidence les variantes récentes du SPS — notamment le SPS à haute pression (HP-SPS), le SPS à froid et le SPS éclair (Flash SPS) — qui permettent de produire des matériaux nanostructurés aux propriétés ajustées.
Modérateurs : Sylvie Lartigue et Daniel Neuville, FFM
« L'invité du jeudi »
Jeudi 22 janvier 2026 à 18h30 en visioconférence Teams

Avec Esma Aïmeur, Professeure au Département d’informatique et de recherche opérationnelle de l’Université de Montréal
L'intelligence artificielle générative évolue rapidement et s'impose comme un élément incontournable de notre société. Le paysage de la cybersécurité et de la confidentialité des données a été profondément transformé.
Lors de cette conférence, Esma Aïmeur explorera les multiples défis et opportunités que présentent ces phénomènes technologiques. Elle expliquera comment l'IA générative offre des outils innovants pour améliorer les mesures de cybersécurité, tout en générant également de nouvelles menaces. Accessible au grand public, elle peut entraîner des biais cognitifs et influer sur le comportement des usagers. De plus, les attaques du type « prompt injection» ou « reverse psychology » rendent l’ingénierie sociale plus dangereuse que jamais car plus difficile à repérer.
Par ailleurs, la prolifération des fausses nouvelles, des « deepfakes » et des contenus trompeurs sur les réseaux sociaux constitue un problème croissant, car les modèles génératifs peuvent perpétuer des stéréotypes, divulguer des informations privées et produire des résultats trompeurs.
Les mesures de cybersécurité, la protection de la vie privée et les considérations éthiques sont plus cruciales que jamais. Des solutions et des technologies innovantes sont nécessaires pour sensibiliser, éduquer et accélérer l'adoption d'une législation efficace.
Cette rencontre invitera donc à réfléchir aux enjeux éthiques et législatifs qui se dessinent, et aux leviers d’action pour mieux sensibiliser et protéger les citoyens à l’heure où l’IA devient accessible à tous.
Le Grand témoin de la rencontre sera Cecilia Jourt-Pineau, dirigeante de Cy Mind, lauréate 2021 du programme Orange Femmes Entrepreneuses – Cyber. Experte reconnue dans les domaines de la psychologie et du numérique, Cecilia Jourt-Pineau aide à transformer les réflexes des individus en mécanismes de protection efficaces.
Esma Aïmeur est Professeure au Département d'informatique de l'Université de Montréal et Directrice du Laboratoire d'intelligence artificielle et de cybersécurité. Elle a obtenu son doctorat en informatique (intelligence artificielle) à l'Université Paris 6 (France). Elle travaille sur la vie privée et la cybersécurité, développant et appliquant des techniques d'intelligence artificielle à la gestion des données personnelles. Ses recherches les plus récentes portent sur la sensibilisation à la cybersécurité, la détection des attaques orientées utilisateur, l'IA générative, l'IA trompeuse, les fausses nouvelles, la désinformation, le "prompt forensics", l'éthique de l'IA, les réseaux sociaux, les systèmes de recommandation et la préservation de la vie privée. Depuis 2021, Esma Aïmeur préside un workshop à la conférence IJCAI sur les impacts adverses et les effets collatéraux des technologies d'intelligence artificielle (AIofAI). En 2026, le workshop sera associé à The Web Conference, qui aura lieu à Dubaï en avril. Elle a participé au MOOC de l'Université de Montréal sur l'intelligence artificielle avec trois capsules (biais d'apprentissage, anonymat et éthique de l'intelligence artificielle). Elle a été deux fois membre du comité d’honneur et conférencière invitée au World AI Cannes Festival (WAICF), en 2024 et 2025. Elle est membre du comité d'orientation scientifique de l'IMC2, l'Institut Multidisciplinaire en Cybersécurité et en Cyberrésilience au Canada. Elle est également membre de l'Observatoire international sur les impacts sociétaux de l'intelligence artificielle et de la société numérique (OBVIA). Esma Aïmeur est rédactrice associée pour AI in Education, Computing and Artificial Intelligence, Computer and Information Security, AI for Human Learning and Behavior Change et AI Open.
Inscription préalable obligatoire, pour obtenir le lien informatique de la visioconférence
L'invité du jeudi
Rendez-vous mensuel en visioconférence, qui a pour objet d’alimenter la curiosité scientifique et technique des participants, de s'interroger sur de grands enjeux de société et de débattre collectivement des évolutions en cours.
Animées par des experts passionnés de leur domaine d’intervention, les conférences traitent de sujets d’actualité mais en prenant le recul nécessaire. Elles sont suivies d'échanges avec un grand témoin et le public.
Un jeudi par mois, de 18h30 à 20h, en visioconférence via l'application Teams
Inscription préalable obligatoire, pour obtenir le lien informatique de la visioconférence
En partenariat avec le Cnam Bretagne
Jeudi 22 janvier 2026 à 18h à l'Hôtel de l'industrie à Paris et sur YouTube

Avec les interventions de :
- Jean-Louis Gentner, Fondateur et PDG d’Almae Technologies
- Régis Lauret, Conseiller en haute technologie au sein du département Risques du groupe BNP Paribas
Modérateur :
- Philippe Robin, Président du Comité des Arts Physiques de la Société d’Encouragement pour l’Industrie National
Dans le monde moderne, le pouvoir - militaire, économique, géopolitique - repose sur les puces électroniques, appelées semi-conducteurs.
Ces composants sont les « cerveaux » de nos appareils électroniques : smartphones, voitures, électroménager, systèmes militaires, imagerie médicale… et bien entendu l’IA et le quantique !
Leur fabrication constitue l’une des chaînes de valeur les plus stratégiques au monde, au cœur d’une compétition acharnée entre les nations pour préserver ou reconquérir leur souveraineté technologique.
Du simple sable aux processeurs ultra-performants, nous commencerons par définir les principaux termes techniques, avant de détailler les étapes clés de cette production mondialisée : matériaux, conception, technologies de fabrication, machines, et compétences. Nous positionnerons les acteurs industriels majeurs (Europe, États-Unis, Chine, Taïwan, etc.) et leurs interdépendances.
Nous analyserons ensuite les stratégies évolutives des GAFAM, qui développent désormais leurs propres processeurs, et expliquerons pourquoi ces dynamiques alimentent les tensions géopolitiques.
Enfin, nous mettrons en lumière le cas de l’Europe, avec un focus sur un exemple concret de production sur le sol français.
Cycle de conférences
Pour le Développement des Sciences et de l'Innovation (PDSI) au service des transitions
Rencontres d’information scientifique et technologique, à visée pédagogique et didactique, autour d’un scientifique et d’un acteur socio-économique, qui présentent une thématique à travers leurs connaissances et leurs expériences, contribuant à décrypter et présenter des solutions répondant aux enjeux de transition économique, sociétale, technologique, numérique et/ou environnementale.
Partenariat : AFAS – Société d'encouragement pour l'industrie nationale – Société des ingénieurs et scientifiques de France (Ile-de-France)
Avec le soutien d'EcoLearn, MR21, e5t, BNI Saint-Germain-des-Prés, Pariscience, Cnes, CNRS, ABG
Conférence-débat
Jeudi 22 janvier 2026 à 14h30 à l'Institut Curie, Paris
[Initialement prévue le jeudi 2 octobre mais reportée]
Le replay est disponible ici

Avec
Robert Barouki
Médecin, biochimiste, biologiste moléculaire et PUPH. Directeur de l’Institut thématique de santé publique de l’Inserm et de l’Institut pour la recherche en santé publique.
Le concept d'exposome correspond à l’ensemble des expositions environnementales auxquelles chacun est soumis dès la période prénatale tout au long de sa vie.
Robert Barouki s’intéresse aux effets de l’environnement sur la santé et en particulier à la toxicité de certains polluants comme la dioxine et les pesticides. Il participe à de nombreux programmes européens sur l’exposome et la biosurveillance.
Conférence-débat à l'Institut Curie (amphithéâtre Hélène Martel-Massignac)
11-13 rue Pierre et Marie Curie, 75005 Paris
Entrée gratuite, sur inscription préalable obligatoire (via le formulaire de contact ou à afas@afas.fr).
Organisée par Chercheurs Toujours - Association française des chercheurs seniors, en partenariat avec l'AFAS
Conférence Un livre, une rencontre, dans le cadre des « jeudi du Cnam »
Jeudi 8 janvier 2026 à 18h30 au Cnam (Paris), amphi Grégoire
Le replay est disponible ici

L'atlas historique du ciel, avec Pierre Léna
Le ciel, avec ses astres, ses régularités et son mystère, est commun à toutes les cultures. Chacune en élabora de la philosophie et du religieux, du savoir et de la politique, avec la lente émergence de la science, ancrée dans l’observation et la mathématique. Un jour vint où l’œil nu se compléta de télescopes, qui peuplèrent infiniment le ciel. Enfin celui-ci se fit histoire, dans la nuit du temps et de l’origine.
Pierre Léna est Professeur émérite, Observatoire de Paris & Université Paris-Cité, est astrophysicien, membre de l’Académie des sciences. Il a contribué à l’astronomie infrarouge et à la conception du Very Large Telescope européen (Chili).
Entrée gratuite sur inscription et/ou dans la limite des places disponibles.
Les jeudi du Cnam
Partenaires de longue date pour la diffusion des savoirs, le Cnam et l'AFAS proposent en 2026 une série de rencontres autour d'un ouvrage et son auteur/autrice. Objectif : rendre l'actualité des sciences accessible à toutes et tous.
À l’issue de chaque conférence, le public sera invité à dialoguer avec les intervenants et à poser ses questions.
Le jeudi, de 18h30 à 20h, au Cnam
Entrée gratuite sur inscription et/ou dans la limite des places disponibles.
Boris Laurent
(Éditions Delachaux et Niestlé, 2025, 17,90€)

Pourquoi s’intéresser aux astéroïdes, ces quelques millions de gros cailloux qui tournent autour du Soleil ? Pour plusieurs raisons : D’abord, les astéroïdes sont liés à notre histoire depuis la nuit des temps et on leur doit quasiment notre existence. Ensuite, ils sont potentiellement dangereux et doivent être surveillés de près. Enfin, ils sont riches en minerais rares, et pourraient devenir les eldorados de demain. Tels sont les thèmes explorés dans ce petit livre par Boris Laurent, sous les angles scientifique, économique, technologique et géopolitique.
Les astéroïdes sont les débris restants après la construction du système solaire. Ils ne se sont agrégés ni au Soleil, ni aux huit planètes, ni à leurs 288 lunes. L’analyse de leur composition chimique est précieuse pour tenter d’expliquer les étapes de la formation du système solaire, et même de l’apparition de la vie sur Terre. Leurs orbites se situent principalement entre celles de Mars et de Jupiter, et ne croisent donc pas l’orbite terrestre.
Mais les orbites ne sont pas immuables. Sous l’influence de Jupiter, et de l’action des rayons solaires, certains astéroïdes glissent vers des orbites qui croisent l’orbite terrestre. Ce sont les « géocroiseurs » : ils peuvent entrer en collision avec la Terre. C’est un géocroiseur qui a anéanti les dinosaures, il y a 65 millions d’années, ainsi que 75% des espèces de la planète, ouvrant la voie au développement des mammifères, et des êtres humains ! On doit beaucoup aux astéroïdes ! Plus récemment, en 1908 à Toungouska en Sibérie, un géocroiseur de 60m a explosé à 10 000 m d’altitude. Il n’y eut pas de victimes dans cette zone de taïga inhabitée, mais l’onde de choc a balayé 80 millions d’arbres.
Un système de surveillance a été mis sur pied avec la participation de toutes les agences spatiales du monde. On a répertorié 14 géocroiseurs à risque d’impact (de 0,2% à 10%) dans le prochain siècle ; ils mesurent 40m ou moins. Des chiffres rassurants. Mais la surveillance doit être maintenue car on découvre 3000 nouveaux géocroiseurs par an !
Comment ferions-nous pour dévier un bolide qui fonce vers nous ? L’auteur décrit quatre solutions : Le frapper fort avec une charge lourde ; agiter une sonde dans son voisinage (action de la gravité) ; faire exploser une bombe nucléaire (action des rayons gamma) ; le remorquer (en y ancrant des propulseurs)
On en vient à la partie prospective du livre avec l’éventuelle exploitation minière des astéroïdes. L’auteur rappelle le fameux rapport du Club de Rome de 1972, qui pose le problème plus que jamais actuel de la croissance continue dans un monde aux ressources limitées, en particulier en métaux. La solution passerait-elle par la colonisation des astéroïdes ? C’est cette dernière que la suite du livre décrit.
Les astéroïdes recèlent en abondance des métaux communs dont on prédit la rareté prochaine sur Terre : fer, cobalt, nickel ; mais aussi nombre de métaux rares : argent, or, titane, platine, palladium et autres ; et enfin les fameuses 17 « terres rares », qui ne sont pas si rares, mais produites à 97% par la Chine, et indispensables dans les semi-conducteurs et les batteries.
Des chiffres incroyables circulent sur la valeur des gisements. Un seul astéroïde est souvent estimé à des centaines de milliards de dollars (Md$). Mais la palme revient à Psyché, long de 280 km, estimé à 10 000 Md$ ! Évidemment, tous ces chiffres sont encore très préliminaires.
Malgré ces incertitudes, la colonisation des astéroïdes est en route, cadrée par le programme Artémis qui regroupe les USA, le Canada, l’Europe et le Japon. Le chemin pour les astéroïdes passe par la Lune et Mars. Le retour de l’Homme sur la Lune est prévu à partir de 2027. On assemblera ensuite la Lunar Gateway, orbitant autour de la Lune., qui servira de base avancée pour aller sur Mars. L’Europe en fournira le module de service.
L’auteur brosse un panorama des engins, capsules, navettes, fusées, sondes, existantes ou en développement, ainsi que des acteurs impliqués, publics et privés, y compris quelques start-up françaises. Il énonce les nombreux défis techniques à résoudre pour le transport, l’amarrage, le forage et l’extraction du minerai, et la protection contre les radiations. Se poser sur une surface rocheuse, inégale, glacée, en rotation, relève de l’exploit technique : le harpon propulsé ou les microgriffes, inspirées des insectes, sont les solutions à l’étude.
La panoplie des techniques de propulsion pour le transport témoigne de l’inventivité des ingénieurs : Moteur ionique, fission ou fusion nucléaire, voile solaire. La Chine annonce un moteur à fission nucléaire qui se déploie dans l’espace et prend la taille d’un bâtiment de 20 étages. Il réduirait le temps de voyage vers Mars de 180 à 90 jours. La voile solaire est lente mais économique : elle utilise la pression des photons rebondissant sur la voile. Elle a été testée par la Nasa et se manœuvre comme un voilier !
Dernier chapitre : la géopolitique. Quelles sont les lois existantes pour encadrer cette éventuelle nouvelle ruée vers l’or ?Le Traité de l’espace a été signé en 1967 par 115 pays, en pleine guerre froide. Il affirme la primauté de l’intérêt commun sur l’intérêt d’un pays, interdit les bases militaires, exclut toute appropriation nationale, mais ne mentionne pas les acteurs privés. Aux USA, le Space Act (2015, renforcé en 2020) soutient l’exploitation de ressources spatiales par des compagnies privées américaines. L’ Accord Artémis, signé en 2020 par 55 pays dont la France, réfère au Traité de l’espace, mais ouvre la porte à l’exploitation commerciale. La Chine et la Russie ont signé un accord avec 11 pays, pour l’établissement d’une base lunaire en 2030. La Commission européenne a introduit à l’été 2025, un projet de loi pour « améliorer l’accès au marché et la sécurité spatiale ».
En conclusion de ce chapitre, l’auteur souligne les dangers de la présence des acteurs privés et plaide avec force pour une reprise en mains totale de l’espace par les autorités étatiques, similaire au modèle en cours pour l’Antarctique.
Ce petit résumé ne donne qu’un aperçu incomplet de l’ouvrage, qui fourmille d’informations diverses. Le texte est accessible, dépouillé de tout jargon scientifique, et complété par de nombreuses illustrations. Ce livre fera le bonheur de tout lecteur curieux, et l’aidera à mieux comprendre les énormes enjeux de la nouvelle aventure spatiale.
Pierre Potier








