Les membres de l’Afas publient régulièrement des notes de lectures. Elles sont à retrouver ici.
Joanne Baker
(Dunod, 2017, 208p. 15,90 €)
Ce livre s'attaque à un défi de taille : faire comprendre le monde quantique sans faire appel à des notions de mathématiques supérieures. 50 idées clés sont parcourues, dessinant ainsi un panorama assez complet de la physique de l'infiniment petit : la vitesse de la lumière, l'équation de Schrödinger, l'effet tunnel, le chat de Schrödinger, les inégalités de Bell... Toutes ces notions font apparaître un monde étrange et déroutant que notre imagination cartésienne a bien du mal a cerner !
Ce livre est mis en page de façon claire, avec des anecdotes et des schémas qui rendent sa lecture plutôt agréable.
Nicolas Mathevon, Eliane Viennot
(Belin, 2017, 333 p. 22 €)
Cet ouvrage, publié sous la direction de Nicolas Mathevon et d’Eliane Viennot, qui en ont écrit l’avant-propos, se penche sur la différence entre sexes, considérée dans le contexte des recherches actuelles dans différents domaines et des politiques publiques visant à la mise en œuvre de l’égalité entre les femmes et les hommes. La différence hiérarchisée des sexes relève d’une pensée ancienne, par exemple comme l’écrivait Jean-Jacques Rousseau dans l’Emile : « Il n’y a nulle parité entre les deux sexes… ». Même si aujourd’hui de nombreuses recherches se penchent sur la question de l’(in)égalité entre les sexes, le monde de la recherche est influencé par les idées reçues et les stéréotypes de la société qui l’entoure.
Le livre rassemble 10 chapitres, écrits par les meilleur·e·s chercheur·e·s français·e·s, analysant les différences entre sexes dans des disciplines diverses : études cinématographiques, biologie du comportement animal, droit du travail, littérature française du XVIIe siècle, biologie du développement de l’appareil génital, arts du spectacle-danse, psychologie sociale, musicologie, histoire du sport, études de la Renaissance, éthologie des primates non humains.
Chaque chapitre suit un plan analogue, permettant de faire le point sur le domaine :
- quelques exemples de recherches et de résultats ;
- état des recherches et du questionnement dans la discipline ;
- des biais idéologiques ?
Cet ouvrage constitue un panorama très complet des recherches passées et actuelles sur ce qu’est être un homme ou une femme. Nicolas Mathevon et Eliane Viennot émettent un message d’espoir. Pour eux, la prise de conscience de l’enrichissement de chaque discipline par la considération de la différence des sexes fait son chemin ; cette considération exige des contacts multidisciplinaires, entre sciences du vivant et sciences humaines, qui sont très fructueux..
Fritz Kayzer, Erik C. Böttger, Peter Deplazes, Otto Haller, Axel Roers
(Lavoisier, 2016, Coll. Atlas de poche, 2e édition, 741 p. 79 €)
Il faut comprendre cet ouvrage comme une vue d’ensemble de toute la microbiologie médicale : 741 pages, denses, illustrées, concises, avec comme thèmes bien évidemment, la bactériologie, la mycologie, la virologie et la parasitologie mais aussi, et cela est plus original, l’immunologie, l’épidémiologie et l’hygiène (avec notamment les maladies nosocomiales). Un premier chapitre apporte, de plus, les bases fondamentales et un dernier, une vue d’ensemble des principales maladies infectieuses et leurs causes. Bel ouvrage de synthèse vous le concéderez.
Ce manuel est adapté aux exigences de l‘enseignement en vigueur en Allemagne. Il s’agit d’une traduction de la 13e édition allemande. Il me semble aussi très adapté aux étudiants français, et au-delà, aux médecins généralistes dans leur pratique auprès des patients.
Le propos est clair, le plan facile à suivre, le système de repérage couleur efficient. Le résumé avant chaque thème est utile ; certains résumés ressemblent cependant plus à une liste de mots clés (comme dans les chapitres 1 et 2) qu’à un vrai résumé rédigé (comme dans le chapitre 3). La webographie a été adaptée lors de la traduction car elle est faite de sites français essentiellement.
Jean-Claude Boulliard
(Dunod, 2016, 240 p. 22 €)
Si un livre mérite le qualificatif de superbe, c’est bien l’ouvrage de Jean-Claude Boulliard intitulé : 101 minéraux et pierres précieuses. Il associe de magnifiques photos avec des textes didactiques et scientifiques de bon niveau.
On commence par une explication sur la formation des atomes, puis leur association pour créer les minéraux qui nous entourent. Il y a 4,6 milliards d’années, il n’existait qu’une douzaine de minéraux. Cinquante millions d’années plus tard, on en compte 250 et maintenant, des milliers. Ce qui est surprenant, c’est l’influence importante de la vie et de l’oxygène sur l’évolution des minéraux.
Le livre est structuré en quatre chapitres : les antiques, les nouvelles merveilles, les curiosités et les industrielles. Chaque minéral possède sa page descriptive comportant sa formule chimique et ses caractéristiques physiques, mais aussi l’histoire de sa découverte, sa répartition dans le monde et les anecdotes correspondantes. Sur la page de droite, on trouve une photographie couleur grand format. L’organisation est plus ou moins alphabétique.
Dans le premier chapitre, l’auteur décrit les pierres précieuses connues et employées par l’homme comme parure depuis le Paléolithique. On y trouve, entre autres l’agate, l’améthyste (du nom de la nymphe éponyme), le diamant (dont le célèbre Hope), l’émeraude, l’or, jusqu’au zircon.
Le deuxième chapitre concerne les nouvelles merveilles, pierres qui sont apparues au XXe siècle et dont les noms sont plutôt ésotériques. Si l’on connaît bien le platine, en revanche l’amazonite, en passant par la chrysocolle, la spessartine jusqu’à la cordiérite, sont moins connues du néophyte. Ces minéraux sont aussi beaux que ceux du chapitre précédent bien que largement moins connus.
Dans le troisième chapitre, on s’intéresse aux minéraux qui passionnent les collectionneurs, descendants des créateurs de cabinet de curiosité du XVIe siècle. La titanite, l’euclase, la vésuvianite sont particulièrement belles et d’autres comme la jeremejevite ou la planchéite sont étranges. La cérusite, la vanadite et la cuprosklodowskite font intervenir des atomes plus exotiques comme l’uranium par exemple.
Enfin, le dernier chapitre décrit les minéraux fournissant les métaux et matériaux usuels. Ils ne sont pas moins beaux que les précédents. Le cuivre est décrit en premier, puis suivent le fer et ses sulfures, oxydes, hydroxydes et cabonates, puis d’autres cristaux tels que le rutile, à base de titane, et la sphalérite, un sulfure de zinc. De superbes cristaux comme l’orpiment cachent des atomes d’arsenic. On termine par l’orthose, puis un glossaire et le tableau de Mendeleïev, nécessaire pour situer les différents atomes.
Le complément au titre de l’ouvrage de Jean-Claude Boulliard : qu’il faut avoir vus dans sa vie correspond bien à ce que l’on ressent après l’avoir lu. Ce livre mérite d’être dans la bibliothèque de tout un chacun sensible à la beauté de la nature.
Philippe de Wailly
(Ed. Med'Com, 2016, 272 p. 65 €)
Il n’est plus nécessaire de présenter le docteur vétérinaire Philippe de Wailly, président honoraire de l’Académie vétérinaire de France, qui depuis de nombreuses années reste encore notre principale référence dans le domaine vétérinaire des oiseaux de volière. C’est pourquoi un livre sur des oiseaux aussi particuliers du fait de leur capacité de parler et même de raisonner ne pouvait être écrit que par ce spécialiste qui a rencontré de nombreux propriétaires, dont certains très connus comme Françoise Delord, fondatrice du zooparc de Beauval (qui a préfacé ce livre), ou la princesse Shams Pahlavi, qui nous fait ainsi profiter de son inestimable expérience.
Ce sont surtout les psittacidés qui ont passionné notre vétérinaire écrivain. C’est pourquoi un premier chapitre nous présente en premier lieu un bref historique consacré aux perroquets. Le chapitre suivant est un recueil de multiples témoignages parfois très surprenants introduisant ainsi le troisième chapitre traitant de l’intelligence des psittacidés. On ne peut être que convaincu de cette intelligence après la lecture de ces deux chapitres que l’on lit avec beaucoup de curiosité, tant les exemples et/ou les arguments sont nombreux et passionnants.
Les quatrième et cinquième chapitres apportent des informations utiles sur le logement et l’alimentation des psittacidés.
Puis le sixième chapitre, le plus important, nous présente les différentes races de psittacidés et d’autres oiseaux parleurs, qu’il s’agisse des sturnidés (mainates, étourneaux) ou des corvidés (corneilles, pies et geais). Ce chapitre est très illustré, avec parfois un encart rappelant l’expérience d’un propriétaire et/ou des informations particulières (alimentation, reproduction, logement, etc.) pour une race donnée. On découvre aussi beaucoup de témoignages très divers se rapportant aux autres oiseaux parleurs.
Enfin, le septième chapitre est bien sûr consacré aux maladies de ces oiseaux dont certaines leur sont spécifiques comme la maladie de Pacheco ou la maladie du bec et des plumes des psittacidés. Un dernier chapitre « Petit dictionnaire des maladies » le complète parfaitement.
Dans ce livre, Philippe de Wailly nous fait profiter d’une expérience de plusieurs décennies sur la médecine et la connaissance des oiseaux parleurs. Mais il nous apprend surtout combien ces oiseaux peuvent être intelligents. Ainsi, il s’agit d’animaux exceptionnels, capables de parler mais aussi de raisonner et l’on pourrait en douter si l’auteur n’avait pas fourni autant d’exemples pour nous convaincre. Nous ne regarderons plus certains de ces oiseaux parleurs comme de simples animaux capables de répéter un son sans le comprendre. Au contraire, nous sommes émerveillés de découvrir leur extraordinaire diversité et leurs possibilités de communication avec leur propriétaire et son environnement.
Nous ne pouvons que recommander ce livre qui apporte de nombreuses informations utiles et dont la multitude d’anecdotes permet une lecture facile et passionnante.
Frédéric Flamant
(Seuil, Collection "Science ouverte", 2016, 272 p. 21 €)
Ce livre passionnant est une enquête très documentée sur l'asymétrie constatée du vivant.
Partant du constat de l'existence d'un sens de rotation privilégié d'une ola dans un stade, l'auteur se pose la question de la raison de l'existence des gauchers, de l’asymétrie du cerveau et de son fonctionnement, en particulier au niveau de la vision. Cette asymétrie semble être une conséquence de l’asymétrie de notre anatomie.
Dans un deuxième temps, l'auteur essaie de comprendre d’où vient cette asymétrie anatomique : il semblerait que cette rupture de symétrie provienne d'un signal émis par le nœud embryonnaire au tout début du développement !
Après une analyse de ce phénomène au niveau moléculaire et atomique, l'auteur en vient à proposer une théorie attribuant cette asymétrie du vivant à "la violation de la parité des atomes par l'interaction faible", considérant qu'il existe une chiralité cachée au plus profond des noyaux atomiques.
L'auteur conclut lui-même à la fragilité se sa théorie, il nous permet cependant de nous poser de nombreuses questions et de découvrir de vastes espaces restant à explorer.
Nicolas Chevassus-au-Louis
(Seuil, Collection "Science ouverte", 2016, 208 p. 18 €)
Cet ouvrage ose aborder un sujet souvent tabou dans les milieux scientifiques, du moins dans notre pays : la fraude scientifique.
Les deux premiers chapitres présentent des cas de fraudes avérées un peu partout dans le monde, suivis d'une courte histoire de cette pratique finalement assez ancienne.
Les sept chapitres suivants traitent des moteurs de cette fraude : le conformisme, la volonté d'embellir la réalité, le refus de l'échec, la compétition internationale croissante, l'obligation de publier pour sa carrière, le besoin de plaire à la hiérarchie...
Les chapitres 10 et 11 mettent en évidence les conséquences dangereuses de cette pratique allant jusqu'à mettre en péril des vies !
Le chapitre 12 examine le rôle des éditeurs scientifiques et en particulier celui des revues prédatrices.
Les chapitres 13, 14 et 15 montrent qu'après une longue période de déni jusqu'en 1987, de nombreuses études se sont emparées du sujet et un grand nombre d'institutions ont été créés de par le monde pour tenter de lutter contre cette fraude. La France reste, semble-t-il, un peu frileuse sur le sujet.
En conclusion, l'auteur plaide pour une science lente et met en cause le facteur d'impact des revues scientifiques et la dictature des études bibliométriques.
Guy Caplat
(L'Harmattan, 2016, 1252 p. 90,25 €)
Guy Caplat est à la fois un ancien haut fonctionnaire du ministère de l’Education nationale, où il a été notamment inspecteur général de l’administration, et un chercheur spécialiste de l’histoire de l’éducation ayant notamment fondé et dirigé le Service d’histoire de l’éducation au sein de l’INRP. Il a publié plusieurs ouvrages dont un Dictionnaire biographique des inspecteurs généraux de l’instruction publique (1802-1939).
L’ouvrage s’organise en huit parties distribuées dans quatre forts volumes pour un total de plus de 1200 pages. Le premier tome « Origines et développement de la fonction d’inspection, 1806-1920 » regroupe les deux premières parties :
- Le lien privilégié entre les écoles d’arts et métiers et la fonction d’inspecteur général au XIXe siècle (1806-1880) ;
- Emergence d’un service d’inspection générale de l’enseignement technique (1880-1920).
Le deuxième tome « De l’autonomie à l’intégration, 1920-1980 » regroupe les quatre parties suivantes :
- L’inspection générale de l’enseignement technique organe de contrôle et de liaison dans des structures spécifiques (1920-1962) ;
- Les réformes des années 1960 et les incidences sur l’enseignement technique (1960 et au-delà) ;
- L’évolution statutaire et l’organisation de l’inspection générale de l’enseignement technique de 1920 à 1980-1989 ;
- Rétrospective chronologique et comparative de l’évolution des directions ministérielles, 1860-1960 (enseignement technique et autres enseignements).
Le troisième tome présente, dans une 7e partie, les biographies des individus ayant participé aux missions d’inspection tout au long de cette période.
Le quatrième tome rassemble, dans une 8e partie, un ensemble de textes et documents afférents à l’IGET.
Ce vaste panorama fait d’abord apparaître l’évolution de cette mission d’inspection générale jusqu’à son établissement en corps statutaire en 1908, en liaison avec le développement progressif de l’enseignement technique au long du XIXe siècle, à partir de la personnalité du duc de La Rochefoucauld-Liancourt, créateur de la première école des arts et métiers et premier inspecteur général, dés 1806, des écoles des arts et métiers puis, également, du Conservatoire des arts et métiers.
L’originalité de cette inspection générale tient notamment au fait qu’elle relève alors du département ministériel du commerce et de l’industrie - qui crée en son sein une direction de l’enseignement technique en 1900 - contrairement à l’Inspection générale de l’instruction publique (IGIP) qui dépend, elle, du ministère du même nom.
Malgré le rattachement de l’enseignement technique au ministère de l’Instruction publique en 1920, l’IGET continue à avoir une forte spécificité pendant tout le temps où elle est liée à une puissante direction de l’enseignement technique et, le plus souvent, à un sous-secrétariat d’Etat puis secrétariat d’Etat, c’est-à-dire jusqu’en 1962. Les réformes des années soixante amènent à une assimilation progressive de l’IGET et à la création d’une inspection générale de l’éducation nationale fusionnant l’ancienne IGIP et l’ancienne IGET (1980-1989).
Comme l’indique très justement Pierre Caspard dans sa préface, l’ouvrage est une contribution majeure, très fortement documentée, à l’histoire d‘une institution et, plus largement, de tout un ordre d’enseignement. A travers l’histoire de cette inspection générale et des individus qui l’ont incarnée, depuis le duc de La Rochefoucauld-Liancourt (1747-1823-1827) jusqu’à Lucien Géminard (1914-1980-2014), c’est, en effet, une vision de l’évolution de l’enseignement technique et de son administration au long de 174 années que Guy Caplat nous donne à découvrir. Cette évolution montre bien la manière dont les politiques conduites ont considéré la spécificité des formations techniques et professionnelles, qui sont en permanence confrontées à un double défi, celui de la position dans l’ensemble du processus éducatif et celui du rapport au monde économique et à l’entreprise. Ces questions sont toujours d’actualité.
Marianne Blanchard, Sophie Orange et Arnaud Pierrel
(Ed. ENS, Collection du CEPREMAP n°42, 2016, 152 p. 10 €)
Alors que les filles sont aujourd’hui quasiment à parité avec les garçons en terminale scientifique et majoritaires dans les études supérieures de médecine et de biologie, elles représentent moins d’un tiers des diplômés des grandes écoles d’ingénieurs, qui sont en France une des voies d’accès au pouvoir. Les premières analyses de cette situation datent des années quatre-vingt-dix (Christian Baudelot et Roger Establet, Huguette Delavault, Catherine Marry et collaboratrices).
L’ouvrage de Blanchard, Orange et Pierrel mobilise un large spectre de sources statistiques et présente une enquête originale, menée auprès d’élèves de classes préparatoires scientifiques à la demande de la direction de l’École normale supérieure. Il propose une approche nouvelle en considérant la faible présence des filles dans les filières scientifiques du supérieur (hors médecine et biologie) sous le prisme de l’origine sociale et géographique des élèves. Les chapitres « L’esprit scientifique, une qualité inégalement partagée » et « Verdicts scolaires et construction des aspirations » sont particulièrement éclairants sur le rôle du milieu familial et celui des appréciations des professeurs pour encourager ou décourager les élèves, en particulier les filles qui en général ont moins de confiance en elles.
Les analyses originales de cet ouvrage intéresseront de nombreux publics et permettront, nous l’espérons, d’améliorer la place des femmes dans les études supérieures scientifiques et techniques, passage obligé pour que notre pays puisse utiliser au mieux tous ses talents dans le futur.
Laurent Vigroux
(CNRS Ed., 2016, 272 p. 23 €)
Quelle profession n’a pas été bouleversée par toutes les inventions modernes ? L’agriculture a vu arriver tout un parc de machines, des semences soigneusement sélectionnées, des herbicides efficaces ; elle voit maintenant arriver des OGM de toutes sortes aux propriétés quasi miraculeuses. Les rendements des agriculteurs ont été multipliés par plus de mille… et en conséquence leur nombre a baissé en proportion. De même il n’y a pas de comparaison possible entre les médecins de Molière, ou même ceux de 1950, et ceux d’aujourd’hui, équipés de toutes sortes d’instruments mystérieux et faisant des opérations chirurgicales sans laisser de traces…
On pourrait faire le tour de toutes les professions, et même celles qui relèvent de l’art ont largement bénéficié des facilités modernes, mais c’est sans doute celle d’astronome, l’une des plus anciennes, qui a été le plus transformée. Qu’y a-t-il de commun entre Tycho Brahe qui dressait la carte du ciel, fort précise, sans lunette ni télescope, Kepler qui faisait des montagnes de calcul à la main, Le Verrier qui bénéficiait tout de même des tables de logarithmes et l’astronome moderne installé devant son ordinateur et sa calculatrice électronique et qui, sans quitter son bureau, peut demander des heures d’observation à des observatoires construit au bout du monde, ou même installés dans l’espace, et qui valent des milliards de dollars ?
Bien sûr, ce qu’il y a de commun, c’est la passion du ciel nocturne et des découvertes. Cela est la raison majeure des progrès fulgurants de l’astronomie, qui utilise désormais les observations dans toutes les longueurs d’onde, découvre des milliers de planètes autour des étoiles voisines et s’allie avec la physique pour décrire l’évolution passée et l’évolution future de notre planète, du Soleil et de l’Univers entier. Et l’on sent aussi la passion de l’auteur pour ces mages ou prêtres de jadis qui établissaient des calendriers, pour ces astronomes aventuriers du XVIIIe siècle qui parcouraient le monde et affrontaient toutes les difficultés pour effectuer une observation exceptionnelle, pour ces nouveaux instruments comme les détecteurs d’ondes gravitationnelles qui ouvrent une nouvelle fenêtre sur l’inconnu…