Les microbes au service de la production végétale… et de l’économie ?

Pour le Développement des Sciences et de l’Innovation (PDSI) au service des transitions
Jeudi 18 mars 2021 de 18h à 19h30, en visioconférence via l’application Zoom


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Voir le PowerPoint de la présentation de M.-A. Selosse (© 2021 M.-A. Selosse, tous droits réservés)

 
 

 
Avec l’intervention de :
Marc-André Selosse, professeur du Muséum national d’histoire naturelle à Paris
Mathilde Clément, responsable recherche et développement chez MYCOPHYTO

Modération des échanges :
Patrice Selosse, vice-président d’IESF Région Ile-de-France et président de PM INITIATIVES

 
 
Comment nourrir 10 milliards, 20 milliards d’habitants sur notre planète ?
La réponse courante se trouve dans l’utilisation de fertilisants chimiques. Malheureusement ceux-ci ne sont pas tous sans incidence sur notre environnement et notre santé. Or d’autres moyens se font jour, notamment ceux utilisant les progrès de la connaissance des plantes et de leur mode de croissance en milieu naturel, pour offrir une alternative à l’utilisation de produits chimiques.

Dans ce domaine, l’émergence du rôle des microbes dans la physiologie de l’homme a braqué le projecteurs sur les microbiotes et leur utilisation en santé. Mais les plantes ont aussi des champignons et bactéries associés à leurs organes qui contribuent à leur fonctions. L’un des aspects les mieux connus est le rôle des champignons du sol dans la nutrition de 90% des plantes. Ceux-ci échangent de l’eau et des sels minéraux collectés dans le sol contre du sucre issu de la plante. Cette association, appelée mycorhize, est réciproquement vitale et elle explique, par exemple, le lien des truffes ou des cèpes aux arbres.

Dans la perspective d’une agriculture à bas intrant, l’utilisation de mycorhizes est prometteuse mais leur développement se heurte à des pratiques répandues peu compatibles (labour, certains intrants). La question de la qualité des inoculums, déjà disponibles dans le commerce, est également posée, avec une préférence pour des inoculums locaux. Surtout, la mycorhize a des rôles de protection contre les agresseurs et les parasites, et son influence s’étend dans la plante bien au-delà de la racine, par exemple dans la physiologie des feuilles ou des fruits. Ces aspects phytosanitaires peuvent limiter les applications de pesticides, tandis que l’effet physiologique peut jouer sur la qualité du produit agricole.

Lors de cette conférence, l’auteur se propose de répondre aux questions :

  • Le mode de croissance des plantes est-il commun à toutes les plantes?
  • Quels sont les facteurs majeurs qui contribuent à protéger les plantes?
  • Quelles sont les activités de l’homme qui altèrent le plus la santé des plantes?
  • Que pouvons-nous faire de manière raisonnable pour remédier aux problèmes de la fertilisation des sols?
  • Les produits à base de mycorhizes proposés par l’industrie sont-ils efficaces et respectueux de l’environnement?

Marc-André Selosse est professeur du Muséum national d’histoire naturelle à Paris et aux universités de Gdansk (Pologne) et Kunming (Chine). Ses recherches portent sur l’écologie et l’évolution des associations à bénéfices mutuels (symbioses), notamment comme responsable de l’équipe Interactions et évolution végétale et fongique au sein de l’Institut de systématique, évolution, biodiversité (UMR 7205). Il travaille sur les symbioses mycorhiziennes qui unissent des champignons du sol aux racines des plantes. Président de la Fédération BioGée, ancien président de la Société botanique de France et membre de l’Académie d’agriculture de France, il est éditeur de quatre revues scientifiques (dont Ecology Letters et New Phytologist). Ses articles de recherche et de vulgarisation (il en a publié plus de 200 de chaque) sont téléchargeables sur http://isyeb.mnhn.fr/fr/annuaire/marc-andre-selosse-404. Il a publié des ouvrages grand-public sur les microbiotes (Jamais seul, 2017) et les tannins (Les goûts et les couleurs du monde, 2019).

Diplômée d’un doctorat Aspect moléculaire et cellulaire de biologie, Mathilde Clément est responsable recherche et développement chez MYCOPHYTO. Cette entreprise met en place des solutions technologiques, biologiques, naturelles et innovantes au service de l’agriculture et de l’environnement. L’agritech propose des solutions biologiques ciblée en fonction des attentes et problématiques de ses clients. Ses procédés brevetés permettent la production de CMA (champignons mycorhiziens à arbuscules) indigènes à partir d’échantillons de sols et leur réintroduction en concentration importante, participant ainsi non seulement à la revitalisation des sols, mais également à un gain de rendement.

Ingénieur Cnam, Patrice Selosse est vice-président d’IESF Région Ile-de-France. Après une carrière à EDF, où il exerçait dans le domaine du management de projets et de la maîtrise des risques associés, il dirige maintenant PM INITIATIVES, société spécialisée dans l’accompagnement des startups souhaitant accélérer leur mise sur le marché et leur développement.


 
Inscription
 
Cette conférence sera organisée en visio via l’application Zoom.
Le lien Zoom de participation sera transmis ultérieurement aux inscrits.
 

Cycle de conférences
Pour le Développement des Sciences et de l’Innovation (PDSI) au service des transitions

 
Rencontres d’information scientifique et technologique, à visée pédagogique et didactique, autour d’un scientifique et d’un acteur socio-économique, qui présentent une thématique à travers leurs connaissances et leurs expériences, contribuant à décrypter et présenter des solutions répondant aux enjeux de transition économique, sociétale, technologique, numérique et/ou environnementale.
 
3e jeudi du mois, de 18h à 19h30
 
En partenariat avec la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, la Société des ingénieurs et scientifiques de France (Ile-de-France) et l’Association Bernard Gregory
Avec le soutien de MR21/EcoLearn, de la Fondation e5t et du collectif étudiant Pour un réveil écologique