« L'invité du jeudi »
Cellules solaires moléculaires : défis fondamentaux et nouvelles frontières d’intégration
Jeudi 19 février 2026 à 18h30 en visioconférence Teams

Avec Frédéric Sauvage, directeur de recherche CNRS à l'Université de Picardie-Jules-Verne à Amiens
Les technologies photovoltaïques (PV) classiques ciblent le visible et absorbent la lumière solaire de manière non sélective. L’absorption sélective, rendue possible par des absorbeurs moléculaires, ouvre la voie à de nouvelles technologies PV et à de nouvelles opportunités d’intégration dans notre environnement. Un premier exemple d’innovation issu de ces recherches est la conversion sélective du proche infrarouge (NIR), qui représente environ 47 % du flux solaire. Cette approche permet de développer une technologie PV disruptive, totalement transparente et incolore, sans altérer la vision humaine — une propriété accessible uniquement grâce à des approches moléculaires.
L’ingénierie moléculaire menée dans mon équipe permet également de convertir d’autres sources lumineuses que le soleil. Par exemple, nous avons développé des cellules PV moléculaires capables d’absorber et convertir sélectivement la lumière artificielle, notamment celle des LED ou des lampes CFL, avec un rendement de conversion dépassant un tiers du flux lumineux en conditions indoor. Ces cellules photovoltaïques « indoor » ultra-performantes, optimisées pour les spectres d’éclairage artificiel, permettront demain de remplacer les piles dans les objets d’électronique grand public, et d’apporter l’autonomie énergétique à de nombreux objets connectés.
Frédéric Sauvage est un directeur de recherche au CNRS affecté au Laboratoire de Réactivité et Chimie des Solides à l’Université de Picardie-Jules-Verne (UPJV) d'Amiens. Originaire des Hauts-de-France, il a complété son doctorat à l'UPJV avant de travailler à Chicago et Lausanne, pour finalement revenir en France en 2010 afin de privilégier des recherches à fort impact sociétal.
Expert en photoélectrochimie, il est l'auteur d'une centaine d'articles, de quinze brevets et a contribué à la création de deux entreprises. En 2024, il a reçu la prestigieuse bourse ERC Advanced de 2,5 millions d'euros pour son projet Gemini. Ses recherches actuelles se concentrent sur les pérovskites halogénées, des matériaux innovants capables de produire une électricité solaire beaucoup moins chère que le silicium traditionnel. L'objectif de son équipe est de stabiliser ces composants en analysant leur réaction à la lumière à l'échelle de la picoseconde. Pour visualiser la rapidité de ses recherches, travailler sur une picoseconde revient à essayer de photographier un battement de paupière qui durerait un millième de milliardième de seconde.
Inscription préalable obligatoire, pour obtenir le lien informatique de la visioconférence
L'invité du jeudi
Rendez-vous mensuel en visioconférence, qui a pour objet d’alimenter la curiosité scientifique et technique des participants, de s'interroger sur de grands enjeux de société et de débattre collectivement des évolutions en cours.
Animées par des experts passionnés de leur domaine d’intervention, les conférences traitent de sujets d’actualité mais en prenant le recul nécessaire. Elles sont suivies d'échanges avec un grand témoin et le public.
Un jeudi par mois, de 18h30 à 20h, en visioconférence via l'application Teams
Inscription préalable obligatoire, pour obtenir le lien informatique de la visioconférence
En partenariat avec le Cnam Bretagne
Conférence Un livre, une rencontre, dans le cadre des « jeudi du Cnam »
Jeudi 12 février 2026 à 18h30 au Cnam (Paris)

L’océan en 30 questions avec Marina Lévy
Ce livre de poche pédagogique fait le tour des questions que l’on se pose sur l’océan, l’état des lieux des connaissances sur les fonds marins, les courants et les marées, sa nécessaire préservation… Comment l’océan est-il affecté par les activités humaines ? Quelles solutions pouvons-nous développer pour le protéger tout en utilisant les ressources ? L’océan incarne-t-il l’avenir énergétique ? Comment anticiper l’élévation du niveau de la mer ?
Marina Lévy est polytechnicienne et océanographe. Elle explore la beauté et les défis de l’océan, et défend une science inspirante, engagée et féminine.
Entrée gratuite sur inscription et/ou dans la limite des places disponibles.
Les jeudi du Cnam
Partenaires de longue date pour la diffusion des savoirs, le Cnam et l'AFAS proposent en 2026 une série de rencontres autour d'un ouvrage et son auteur/autrice. Objectif : rendre l'actualité des sciences accessible à toutes et tous.
À l’issue de chaque conférence, le public sera invité à dialoguer avec les intervenants et à poser ses questions.
Le jeudi, de 18h30 à 20h, au Cnam
Entrée gratuite sur inscription et/ou dans la limite des places disponibles.
Cet événement s'inscrit dans un cycle de webinaires « Matériaux ».
Jeudi 29 janvier 2026 à 13h en visioconférence Zoom.

Aurélie CAYLA (ENSAIT, GEMTEX) Professeure en chimie des matériaux depuis 2020, sa carrière est consacrée à l’élaboration, à la formulation et à la compréhension de la mise en forme des polymères sous forme filamentaire, ainsi qu’à leurs caractérisations associées. Ses recherches récentes portent sur l’élaboration de filaments à partir de ressources biosourcés et/ou biodégradables dans des procédés de plasturgie des thermoplastiques (extrusion/filage), mais également des procédés en voie solvant de polymères naturels (voie humide). Ses activités s’intègrent dans divers domaines d’applications qui entrainent une variabilité de propriétés à développer à l’échelle du filament (antibactérien, ignifuge, conducteur d’électricité…).
Extrusion-filage au service des matériaux polymères fonctionnels
Cette conférence débutera par la présentation des spécificités de la mise en œuvre filamentaire par voie fondue de polymères synthétiques thermoplastiques. La fonctionnalité des textiles étant nécessaire dans de nombreux secteurs d’activités, elle s’attardera sur 2 domaines d’applications majeures : le secteur du médical et le domaine de l’énergie. Elle évoquera des résultats permettant de relever les verrous scientifiques et technologiques de cette mise en forme via différentes stratégies de formulations (nanocomposites, mélanges de polymères immiscibles…).
Claude ESTOURNES (CNRS, CIRIMAT) Directeur de Recherche (DRCE) au CNRS au sein du laboratoire CIRIMAT à Toulouse, France. Ses principales activités de recherche portent sur la synthèse, la préparation et la densification de matériaux (à échelles nano et micro, composites, systèmes multicouches, céramiques, polymères, verres, etc.) par les technologies de « Spark Plasma Sintering » (SPS), de « Cold Sintering Process » (CSP) et de fabrication additive (FA). Ses travaux concernent également le développement d’architectures innovantes, spécifiques et multifonctionnelles (matériaux à gradient de composition – FGM, structures composites micro- et mésoporeuses, structures sandwiches, etc.) afin d’adapter les propriétés des matériaux, ainsi que l’étude des mécanismes de densification et la modélisation par éléments finis – électro-thermo-mécanique et microstructurale (ETMM) – des procédés SPS et CSP.
Mise en forme des matériaux par frittage assisté sous champ électrique
Le procédé de frittage assisté sous champ électrique (ou « Spark Plasma Sintering », SPS) permet la densification d’une large variété de matériaux — y compris les métaux, alliages, céramiques, polymères et composites — à des températures plus basses que celles requises par les méthodes conventionnelles. Cette technique de frittage avancée permet la production de matériaux à haute densité, avec un contrôle précis de la microstructure, des temps de traitement très courts et une consommation d’énergie réduite. Malgré une croissance significative au cours des trois dernières décennies en termes de publications et de brevets, l’industrialisation du SPS en est encore à ses débuts. Cela s’explique principalement par le fait que seules des géométries simples ont été densifiées jusqu’à présent, et que la technologie est souvent perçue comme manquant de reproductibilité et de productivité. Dans cette présentation, nous montrerons comment relever les principaux défis associés à cette technologie — à savoir la reproductibilité et le traitement de plusieurs échantillons simultanément — afin de réduire les taux de rebut et d’accroître la productivité. Nous examinerons également comment la combinaison du SPS avec les procédés de fabrication additive permet le développement de pièces complexes en 3D. Cette intégration favorise la production de composants proches de la forme finale (near-net-shape), minimise les étapes d’usinage et réduit le gaspillage de matière. Enfin, nous mettrons en évidence les variantes récentes du SPS — notamment le SPS à haute pression (HP-SPS), le SPS à froid et le SPS éclair (Flash SPS) — qui permettent de produire des matériaux nanostructurés aux propriétés ajustées.
Modérateurs : Sylvie Lartigue et Daniel Neuville, FFM

