Cet événement s’inscrit dans un cycle de webinaires « Matériaux» coorganisé par la FFM et l’AFAS
Jeudi 26 juin 2026 à 13h en visioconférence Zoom.

Avec Katia Araujo da Silva, Institut de Chimie de Clermont-Ferrand (ICCF), Aubière et Emmanuel Guilmeau, Laboratoire de Cristallographie et sciences des matériaux (CRISMAT), Caen
Modérateurs : Sylvie Lartigue, Daniel Neuville, Jean-Paul Itié FFM, AFAS
La chimie du fluor constitue aujourd’hui un levier transversal de conception des batteries lithium-ion et sodium-ion, bien au-delà du seul électrolyte. Dans les deux technologies, elle intervient dans les liants fluorés tels que le PVDF , encore très utilisés pour leur stabilité chimique et leur aptitude à former des électrodes robustes, même si leurs limites d’adhésion, de conduction ionique ou de réactivité interfaciale font désormais l’objet d’une réévaluation. Elle joue également un rôle majeur dans les cathodes fluorées et fluorophosphatées, où la liaison M–F accroît le caractère ionique et élève le potentiel redox par effet inductif, ce qui explique l’intérêt durable pour des composés comme LiVPO₄F côté lithium-ion et NaVPO₄F ou Na₃V₂(PO₄)₂F₃ côté sodium-ion. Enfin, le fluor est devenu un outil d’ingénierie interfaciale, notamment via la fluoration surfacique, qui permet de former des couches minces riches en LiF ou en fluorures alcalins, de réduire les réactions parasites et d’améliorer la tenue au cyclage sans modifier profondément le matériau massif. Les convergences entre les deux filières sont donc claires : dans les deux cas, le fluor sert à stabiliser les interfaces, à soutenir les architectures haute tension et à outiller le réglage fin des électrodes. Les divergences résident surtout dans la fonction dominante qu’il remplit. En lithium-ion, la chimie du fluor s’inscrit dans une filière déjà mature, où elle renforce des systèmes largement établis. En sodium-ion, elle reste plus structurante, car elle participe encore au choix même des matériaux pertinents : l’anode de référence n’est plus le graphite mais le hard carbon, et la fluoration ou le dopage au fluor y modifient directement l’espacement interfeuillets, les défauts et les mécanismes de stockage du sodium, tandis que les fluorophosphates occupent une place particulièrement stratégique pour compenser la tension intrinsèquement plus faible de la chimie sodium. Dans cette perspective, le sodium-ion apparaît non comme une simple transposition du lithium-ion, mais comme un champ où la chimie du fluor peut encore redéfinir à la fois les matériaux, les interfaces et, de façon prospective, les architectures polymères ou tout-solide à base de matrices fluorées.
ID de réunion: 845 8428 9043
Code secret: 669671

